Télétravail : pourquoi il faut absolumment déconnecter régulièrement

Publié le : 22-04-2020

#teletravail Santé

Tandis que le confinement se prolonge, on a rassemblé les conseils pour mieux travailler à distance, sans s'épuiser

Alors que le confinement se prolonge, nous sommes fatigués. Pas tous. Pas tout le temps. Mais chroniquement. Les experts parlent de fatigue émotionnelle. OU encore de lassitude décisionnelle. Devant nos vies bouleversées, nous devons sans cesse prendre de nouvelles décisions, dont nous peinons à évaluer les conséquences. Rendre visite à ses parents âgés au risque de les contaminer, ou ne pas les approcher mais les voir dépérir. A cette pression générale, s’ajoutent les contraintes du travail, quand on l’a conservé. 

Une étude réalisée par l’Ugict, la CGT des Ingés Cadres Techs et divulguée le 5 mai montre comment les travailleurs vivent le confinement. Ce n’est pas simple on s’en doute. Et pour les télétravailleurs, certes plus protégés du virus, on note une augmentation importante du temps de travail et des douleurs qu’elles soient dorsales ou psychologiques.

En avril, une étude réalisée par Opinion Way avait montré que 44% des salariés en télétravail étaient en « détresse psychologique » dont 18% présentaient des symptômes dépressifs prononcés. Des chiffres impressionnants mais cohérents avec la période. 

Les conditions matérielles déterminent largement le bien-être du télétravailleur

Si chacun est affecté par la pandémie, certains concentrent les difficultés. Selon le questionnaire, construit par le cabinet de prévention des risques Empreinte humaine, les femmes sont plus exposées que les hommes. 22% d’entre elles sont en détresse élevée, contre 14% des hommes. Car le cumul des visioconférences et de la charge des enfants et du foyer est explosif. 

Gérer les enfants et son télétravail s’avère aussi… mission difficile et les femmes avec enfants se retrouvent parmi les plus affectées. 

Pour Jean-Pierre Brun, le cofondateur du cabinet de conseil qui a mené cette étude, « ça n’est pas le télétravail en soi qui est un facteur de risque, ce sont les conditions dans lesquels il s’effectue qui présentent des facteurs aggravants pour les salariés. »

 

Se forcer à déconnecter pour ne pas s’épuiser

Pour éviter l’épuisement, parfois sournois, il faut, il faudrait… vraiment se forcer à déconnecter. Car on a, au contraire, tendance à travailler plus. Par souci de bien faire, pour prouver son implication à ses chefs, mais aussi parce que l’on travaille moins bien. La succession de réunions en ligne rogne sur le temps réel de concentration et d’action avec, parfois, un sentiment d’inachèvement à la fin de la journée. 

 

C’est aussi la peur du vide qui nous pousse à sur-travailler, mais sur la durée, Gaetan de Lavilléon, docteur en neurosciences est formel : on s’épuise. Car le cerveau traite trop d’informations à la fois et surchauffe. On commence à tout oublier, à faire des erreurs, à se montrer moins créatif et, parfois, à déprimer, comme vidé de ses forces. 

Rester en contact les uns avec les autres

Les entreprises ont pour la plupart bien conscience de ces difficultés et ont déployé des dispositifs d’écoute et des nouvelles façons de travailler comme Bien Vivre le Digital l’évoquait dans cet article sur les bonnes pratiques de télétravail. Elles tentent d’accompagner des situations personnelles contrastées.

Dans cette situation hors norme, il ne faut pas chercher à tout vouloir contrôler. Ni mettre la pression. Car rien n’est normal. Et il n’y a pas de mode d’emploi, rappelle le docteur en neurosciences cognitives Albert Moukheiber. Cela va parfois moins bien se passer. Et c’est normal.

 

Vivre le confinement sans se mettre la pression

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Publiée par Orange sur Vendredi 17 avril 2020

 

 

 

Et pourtant, beaucoup apprécient certains aspects du télétravail

Et pourtant l’expérience du télétravail apporte aussi des satisfactions à une majorité des salariés. Après quatre semaines de confinement, 62% des néo-télétravailleurs comptent bien travailler plus souvent à domicile à l’avenir. 

Mais il certain qu’il existe un monde entre télétravailler confiné et choisir de travailler certains jours de chez soi… Le monde d’après. 

 

 

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