Whatsapp, mails, sms… Comment éviter l’épuisement numérique durant le confinement

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En ces temps de télétravail intensif, nous avons jugé utile de revenir sur les risques de surchauffe numérique et des solutions pour reposer votre cerveau

Mails, boucles de discussion, messageries, pushs, appels téléphoniques... Autant de sollicitations qui mettent notre cerveau en ébullition. On fait le point sur ce vrai risque d’épuisement et on vous propose des idées pour s’alléger.

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Ce dimanche matin 29 mars, les premiers épuisés du télétravail sont bien là. On ne sait pas combien. Mais de partout, ils craquent doucement. « J’ai dû dormir 15 heures d’affilée », raconte cette trentenaire pourtant super dynamique. « Je ne peux plus rien faire, mon cerveau ne répond plus », déplore cet enseignant de 55 ans. Trop de stress, trop d’appels, de visioconférences, d’angoisse aussi sûrement. Beaucoup de ceux qui télétravaillent redoutent aussi d’être oubliés et bientôt écartés d’une entreprise où celui qui n’est pas en ligne semble ne plus exister. Alors tout le monde se « call », s’écrit, et nous avons jugé utile de revenir sur les risques de surcharge cognitive et des solutions pour éviter de saturer. Nous avons décidé d’actualiser cet entretien avec Gaetan de Lavilléon, docteur en neurosciences et créateur du cabinet de conseil Cog’x qui travaille tout particulièrement sur la surcharge cognitive.

 

Texte original rédigé en janvier 2020

On a d’abord cru que l’on était tous devenus super efficaces. 

Capables de traiter plusieurs dossiers en même temps. Avec parfois jusqu’à 19 onglets ouverts simultanément sur l’ordinateur, sans compter les messages et autre Slack… A jongler entre toutes ces informations, nous serions au bord de la surchauffe, selon Gaetan de Lavilléon, Docteur en neurosciences et créateur du cabinet de conseil Cog’x qui travaille tout particulièrement sur la surcharge cognitive.

L’hyperconnection favorise la surcharge cognitive

On se souvient de la charge mentale, cette longue liste de choses à faire et de responsabilités souvent endossées par les mères de famille (mais pas que). Et bien, c’est un peu la même idée, mais cela se passe au travail, dans le monde digital.

Des sollicitations en apparence positives comme des appels, des messages, des mails, ou encore des interpellations orales viennent envahir notre bande passante, capter notre capacité d’attention et nous mettre en surrégime.

Le cerveau n’est pas multi-tâches

« Car en réalité, nous ne sommes pas multi-tâches. Le cerveau fonctionne comme une lampe dans la nuit : il accomplit la tâche qui est dans le faisceau lumineux, puis l’autre. Mais le système nerveux alterne tellement rapidement (1/10 de seconde) entre ces différentes actions que vous avez subjectivement l’illusion de simultanéité.

 

Pourtant, les mener « en parallèle » abaisse votre performance globale de 20 à 50%, rallonge leur temps de réalisation de 30% à 200%, démultiplie le nombre d’erreurs réalisées, et provoque un épuisement mental intense et durable », peut-on lire dans un compte-rendu d’une étude menée par les chercheurs de l’université de Stanford

Notre mémoire de travail surchauffe

D’autant que la mémoire de travail, c’est-à-dire une sorte de mémoire temporaire des informations nécessaire pour accomplir ses tâches du moment, n’est pas extensible.

 

Au global, nous avons tous la même mémoire de travail : hommes, femmes, dirigeants, collaborateurs. Nous sommes tous égaux devant la mémoire de travail.

 

Nous avons la capacité à retenir et traiter 7 à 9 informations en temps réel.

Passé ce seuil, on force son cerveau. Ce n’est pas grave “ s’il y a des temps de récupération ”. Mais avec le digital et la multiplication des sollicitations, mails, messages, pushs, etc., on est presque tout le temps dans le rouge. Et on s’épuise. Sans que cela ne se voit immédiatement.

Les symptômes du burn out digital

Si vous n’arrivez plus à vous concentrer, il est temps de d.e.c.o.n.n.e.c.t.e.r

Les premiers symptômes apparaissent avec la difficulté à se concentrer, à traiter les informations, à apprendre. Et si cela dure trop, cela peut conduire à l’épuisement professionnel.

 

On se sent dépassé, débordé et l’on n’est pas censé sortir d’une journée de travail vidé, incapable de profiter du reste de la vie, poursuit Gaetan de Lavilléon qui aide maintenant les entreprises à prendre en compte ces risques.

Les principes de survie en milieu digital

Pour éviter la surcharge cognitive

  • On désactive les notifications et on le fait savoir largement, quand on veut se concentrer sur un travail précis.
  • On demande à ses interlocuteurs de préciser en tête des messages, quelque soit le canal, de préciser si le message est urgent, s’il réclame une action, et dans quel délai.

On relève ses mails à certains moments de la journée, pas en continu

On fait de petites pauses sans digital

On fait une sieste si on peut durant la journée, cela repose les yeux aussi