Cookies : les sites vous demandent désormais un consentement clair pour récolter vos données

Publié le : 20-10-2020

#sécurité Numérique responsable

Depuis le 1er avril 2021, la Commission nationale de l’informatique et des libertés impose à l'ensemble des sites un consentement explicite pour pouvoir récolter vos données en ligne. Alors, à quelle sauce doit-on désormais manger les "cookies" ?

Octobre 2020, les dernières recommandations de l’autorité en charge des données personnelles (Commission nationale de l’informatique et des libertés) viennent de tomber. Et il y a du changement ! Jusqu’à présent, sur un site Internet, une fois informé par un bandeau, vous donniez votre accord de manière implicite pour la récolte de vos données en continuant votre navigation. Un consentement bancal qui arrive aujourd’hui à son terme.

 

« Accepter », « refuser » ou « personnaliser », vous avez les clés en main

 

Qui n’a jamais cliqué sur « accepter » pour se débarrasser rapidement d’une demande d’autorisation des cookies un peu trop présente sur une page Internet ? C’est justement pour rendre cet accord plus limpide que les règles changent sur l’acceptation des cookies. Deux choix s’offrent alors à vous : « out autoriser » ou continuer votre navigation sans accepter.  Pour couper la poire en deux, libre à vous dès à présent de personnaliser la gestion de ces cookies grâce à une sorte de tableau de bord détaillant les différentes utilisations de vos données. Vous pouvez désormais autoriser par exemple les traceurs permettant de déterminer les fréquentations d’un site, mais refuser les publicités personnalisées sur ce dernier. À noter que vous ne pouvez pas refuser les cookies dit essentiels à savoir la mémorisation de votre panier ou encore le blocage de certaines requêtes pour la sécurité du service. Clairs comme de l’eau de roche ces cookies maintenant, n’est-ce pas ? 

Pour la CNIL, c’est une avancée sur le contrôle de ses données :

« L’évolution des règles applicables (…) marque un tournant tant pour le secteur de la publicité en ligne que pour les internautes, qui pourront désormais exercer un meilleur contrôle sur les traceurs en ligne », a-t-elle indiqué dans un communiqué. La Commission ajoute d’ailleurs que les sites tentant d’échapper à cette nouvelle réglementation devront payer une amende pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires.  

> Retrouvez les délibérations cookies et les recommandations de la CNIL

 

 

Au fait, un cookie, c’est quoi ?

 

On vous arrête tout de suite, on ne parle pas de gâteau, mais de petits marqueurs digitaux qui suivent votre navigation sur le web. Il s’agit en fait de fichiers informatiques, stockés et lus sur votre équipement qui permettent de collecter vos données de navigation. Ces cookies sont déposés lorsque vous consultez une page web, une appli ou parfois lorsque vous installez ou utilisez un logiciel et ce sur ordinateur, tablette, smartphone, et même, plus étonnant, les consoles de jeux vidéos.

Ces données sont sensibles parce que naviguer sur le web en dit long sur vous : vos sites favoris, votre sexe, vos habitudes de consommation, mais aussi votre orientation sexuelle, vos opinions politiques, et même votre état de santé. Donc, bien qu’invisibles, ces données sont très importantes, surtout si elles sont revendues. C’est pourquoi, la récolte et l’usage des cookies sont encadrés par la loi.

> Pour en savoir plus sur la collecte et la lecture des cookies, rendez-vous sur le site de la CNIL

Est-ce que ça concerne tous les cookies ?

 

En matière de traçage de données, tous les cookies ne se valent pas aux yeux de la CNIL. Certains sont très utiles, comme ceux qui vous identifient sur un site, ceux qui gardent « en mémoire le contenu d’un panier d’achat sur un site marchand » ou encore ceux qui permettent aux médias de bloquer l’accès à leur site lorsque les internautes ont lu un certain nombre d’articles. Ces cookies n’ont pas besoin de consentement pour être utilisés car ils sont strictement nécessaires au fonctionnement du site ou de l’application mobile.

Pour les autres, les acteurs des médias, de la publicité, du marketing mais aussi les réseaux sociaux, il fallait donc se mettre à la page avant le 31 mars 2021, sous peine de poursuite pour atteinte au droit et au respect de la vie privée.

 

La bourse ou le cookie ?

 

Apprendre à faire une tarte au citron meringuée sur Marmiton ou bien regarder la bande annonce du dernier Tarantino sur AlloCiné, tout cela peut désormais avoir un coût si vous refusez ces chers cookies sur certains sites. Une nouvelle qui n’a pas tardé à mettre en colère certains internautes qui y voient un nouveau passage forcé vers l’acceptation des tous les cookies. Alors faut-il lever le poing ?

 

 

Pourtant, si cette condition peut surprendre, elle cache derrière elle la réalité de beaucoup de sites : les cookies assurent la survie de ces derniers. Un fait que confirme la juriste Carole Boyer à Ouest-France : « Les sites gratuits n’ont pas le choix ! Sans ces recettes publicitaires, ils coulent ». Accepter les cookies et donc la publicité personnalisée nous rappelle que les personnes derrière ces sites ne peuvent vivre sans cela puisqu’une publicité ciblée se vend deux fois plus cher qu’une publicité qui ne l’est pas comme le précise le journal. Cette pratique décriée par certains est donc pourtant légale et indispensable : « L’utilisation des cookies est la seule stratégie viable ​pour concilier gratuité et respect de la vie privée sur Internet ». Alors, vous reprendrez bien un petit cookie ?