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Le harcèlement scolaire est un phénomène massif. Selon la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) du Ministère de l’Éducation nationale, 3 % des écoliers, 5 % des collégiens et 3 % des lycéens en sont victimes de manière grave et répétée.
Le baromètre 2025 e-Enfance/3018 révèle quant à lui que 37 % des jeunes déclarent avoir déjà subi au moins une fois du harcèlement ou du cyberharcèlement, dont 35 % dès l’école primaire. L’étude indique aussi que 71 % des faits démarrent au sein de l’établissement scolaire. Ces données confirment l’ampleur d’un problème qui prend forme d’abord à l’école, pour se poursuivre sur les messageries et réseaux sociaux.
Internet, caisse de résonance du harcèlement
Le harcèlement à l’école existe depuis toujours, mais le numérique l’amplifie. Il prolonge les agressions hors du cadre scolaire, les rendvisibles à un plus grand nombre et donne à l’enfant le sentiment de ne jamais pouvoir y échapper.
18 % des 6-18 ans ont déjà été confrontés au cyberharcèlement en 2025
Selon e-Enfance/3018, 18 % des 6-18 ans ont déjà été confrontés au cyberharcèlement en 2025. WhatsApp apparaît comme un espace particulièrement exposé : 41 % des jeunes cyberharcelés disent l’avoir été via cette application, dont 25 % dans des groupes de classe.
Les données publiques vont dans le même sens. Selon’Insee, 28 % des collégiens et 23 % des lycéens ont déjà été victimes de violences en ligne.
Comme le résume Samuel Comblez, psychologue de l’enfance et de l’adolescence, aujourd’hui directeur général adjoint de l’association e-Enfance/3018, Internet agit comme une « caisse de résonance ».
Les jeunes apprennent à se connaître à l’école, mais aussi parfois à être en conflit. Les réseaux sociaux peuvent alors transformer une simple querelle de cour de récréation en pression permanente exercée sur un élève..
Accompagner plutôt qu’interdire
Pour lutter contre le cyberharcèlement, la question de l’âge d’accès aux réseaux sociaux revient régulièrement dans le débat public. La loi du 7 juillet 2023 a posé le principe d’une majorité numérique à 15 ans. Sauf autorisation parentale, les plateformes doivent refuser l’inscription d’un mineur n’ayant pas atteint cet âge..
Pour autant, le baromètre e-Enfance/3018 indique que 65 % des enfants en primaire se rendent déjà sur les réseaux sociaux, malgré les restrictions d’âge. L’enjeu n’est donc pas seulement de contrôler l’accès, mais d’accompagner les premiers usages : apprendre à paramétrer ses comptes, comprendre ce qu’est une trace numérique, savoir bloquer, signaler, conserver des preuves et demander de l’aide.
En effet, les enfants et les adolescents peuvent être très à l’aise avec les outils numériques, sans avoir la maturité nécessaire pour gérer la violence relationnelle qu’ils y rencontrent. Pour les adultes, l'objectif est de créer un climat de confiance où l’enfant sait qu’il peut parler sans être puni ou privé de téléphone.
Trouver les mots justes
Le bon réflexe consiste à aborder le sujet avant qu’un problème n’apparaisse. Il s’agit de poser des questions simples, sans accusation, pour savoir si l’enfant rencontre des difficultés à l’école et lesquelles.
Comment parler de harcèlement à ses enfants ?
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Il faut aussi dialoguer avec les témoins. Dans de nombreuses situations, le silence du groupe amplifie le harcèlement. En cas de cyberharcèlement, un enfant témoin peut aider en faisant une capture d’écran, en prévenant un adulte, et en soutenant la victime.
Enfin, un enfant auteur de harcèlement doit être stoppé et puni, mais aussi compris et accompagné. Comme le rappelle Samuel Comblez, un enfant qui harcèle exprime souvent une souffrance, une insécurité ou un mal-être qu’il n’arrive pas à formuler autrement. Cela n’excuse pas les actes, mais cela permet d’éviter qu’ils ne se répètent.
Une réponse collective, pas seulement familiale
Depuis le plan interministériel présenté en septembre 2023, la lutte contre le harcèlement repose sur la prévention. Les personnels scolaires sont désormais formés, et des référents harcèlement sont mobilisés dans les académies. Le ministère de l’Education nationale a mis en place un protocole qui mobilise toute la chaîne éducative. L’élève harcelé est pris en charge, tandis que l’élève harceleur peut être exclu ou changé d’établissement.
L’élève harceleur peut être puni par une peine d’emprisonnement de 3 à 10 ans et une amende allant de 45 000€ à 150 000 €
En dernier recours, selon la loi n° 2022-299 du 2 mars 2022, celui-ci peut être puni par une peine d’emprisonnement de 3 à 10 ans et une amende allant de 45 000€ à 150 000 €, en fonction de son âge et de la gravité des faits.
Par ailleurs, le 3018 est devenu le numéro national unique contre le harcèlement scolaire et les violences numériques. Gratuit, anonyme et confidentiel, il s’adresse aux élèves, aux parents et aux professionnels, 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h.
L’association e-Enfance/3018 précise aussi que ce service peut aider à signaler et à faire supprimer rapidement des contenus ou comptes préjudiciables en ligne.
Autre évolution notable, les séances d’empathie ont été généralisées dans les écoles maternelles et élémentaires depuis la rentrée 2024, après une expérimentation menée dans plus de 1 000 écoles. L’objectif est de développer les compétences psychosociales des élèves : le respect de l’autre, l'estime de soi, la gestion des émotions, la coopération.
Cette initiative rejoint les recommandations de l’UNESCO qui insiste sur la nécessité d’une approche à l’échelle de toute la communauté scolaire. Ce sont les élèves, les enseignants, les personnels, les parents qui doivent agir ensemble.
« Il faut aussi que tout le monde éducatif au sens large, que le monde du sport, que le monde des loisirs se saisissent aussi de ces situations parce que malheureusement, le harcèlement peut avoir lieu dans toutes les sphères de la vie de l'enfant », estime Samuel Comblez.
Le harcèlement n’est donc pas une fatalité. Pour autant, il faut pouvoir y répondre de manière coordonnée et durable. Pour les parents, le premier levier reste le même : croire la parole de l’enfant, conserver les preuves en cas de cyberharcèlement, alerter l’établissement et contacter le 3018 dès que la situation dépasse le simple conflit ponctuel..
Et toi Orange tu fais quoi ?
Très engagé sur ce sujet, Orange a noué un partenariat stratégique avec le Réseau Canopé, opérateur du ministère de l’Éducation nationale chargé de la formation des enseignants et de la communauté éducative, en collaboration avec l’Office des Mineurs (OFMIN), un service d’enquête qui dépend de la direction nationale de la police judiciaire, afin de créer des ressources pédagogiques qui sensibilisent et forment les professionnels intervenant auprès des enfants sur des sujets cruciaux tels que la cyberviolence et la prévention de la cyberpédocriminalité.
Ce partenariat a donné lieu à une série de webinaires dédiés aux cyberviolences en milieu scolaire, coanimés par le Réseau Canopé et l’Office des Mineurs, et diffusés sur la plateforme Canotech.
Dans le cadre de cette collaboration, Orange a apporté son aide financière, prolongeant ainsi son action d’accompagnement des jeunes dans le bon usage du numérique, notamment grâce à des ateliers organisés gratuitement dans les collèges et les lycées, à la demande des enseignants.
Retrouvez les sketchnotes élaborées pour les parents sur la plateforme Canotech :