A partir de 2022, la dématérialisation des services a simplifié de nombreuses démarches, mais elle a aussi eu pour effet d’augmenter le volume des messages électroniques. Le cabinet américain Radicati Group, spécialisé dans l’analyse quantitative et qualitative des technologies de communication, a évalué le trafic mondial à 376,4 milliards de mails quotidiens en 2025, dont près de la moitié sont indésirables. Kaspersky, leader mondial de solutions de cybersécurité, estime que 44,99 % des mails reçus cette même année relevaient du spam, soit 169 milliards par jour.
Une nuisance qui s’avère être problématique dans la mesure où la plupart des spams sont des attaques de phishing ou de malware. Autre problème : d’un point de vue environnemental, un mail simple émettrait 4g de CO2, et 35g avec pièce jointe, d’après l’Agence de transition écologique (Ademe), car pour être délivré, il doit parcourir des milliers de kilomètres en transitant par des datacenters, des routeurs, des serveurs ou des ordinateurs, qui consomment eux aussi de l’énergie. Des chiffres qui peuvent par ailleurs augmenter en fonction de la durée de rédaction, du nombre de destinataires, et du type de message, toujours selon l’Ademe.
Spam et publicité : quelle différence ?
Dans le langage courant, le terme « spam » désigne un message électronique que l’on ne souhaite pas recevoir : les mails malveillants ou de phishing qui peuvent entraîner des préjudices. A ce titre, un faux message de banque envoyé pour voler un mot de passe relève clairement du courrier indésirable et de l’hameçonnage.
Pour la plupart des gens, les spams incluent également la publicité, c’est-à-dire la prospection commerciale par e-mail. Or, celle-ci suppose un consentement préalable accordé par le consommateur, par exemple lors de la souscription d’un contrat ou l’achat d’un bien sur Internet. Celui-ci doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. De ce fait, chaque message commercial doit permettre d’identifier l’annonceur et proposer un moyen simple pour ne plus recevoir de sollicitations, généralement via un lien de désabonnement. Le retrait du consentement doit pouvoir intervenir à tout moment.
Cette distinction posée, se pose la question de la gestion des spams.
Comment lutter contre les spams ?
En ce qui concerne les mails publicitaires, c’est au client de se désabonner via le lien obligatoire en fin de mail. A noter que depuis l’instauration du RGPD (Règlement général de protection des données), lorsqu’une personne s’oppose au démarchage, la CNIL peut conserver l’information nécessaire dans une « liste repoussoir » pendant au minimum trois ans afin d’éviter qu’une adresse désabonnée ne soit réintroduite plus tard dans une campagne. En revanche, en ce qui concerne les sollicitations non consenties, Orange a pris des mesures.
Proposée à tous les clients, la fonctionnalité « Anti-spam plus » du mail Orange est un service gratuit qui analyse et filtre tous les messages qui vous sont adressés. Aujourd’hui, elle permet de bloquer 95% des courriels indésirables grâce à une analyse automatique des messages entrants. Les clients peuvent en profiter sur leurs boîtes mail @orange.fr ou @wanadoo.fr, chacune pouvant faire l’objet d’un filtrage spécifique.
Étant donné que le spam est le vecteur le plus fréquent de « phishing » (hameçonnage, en français), il en va de la sécurité des clients.
Les astuces pour libérer de l'espace de stockage facilement
Le premier réflexe que vous devez avoir, c’est de distinguer la publicité du spam. Pour faire le tri rapidement et efficacement dans les messages commerciaux authentiques que vous avez reçu, cliquez simplement sur le lien de désabonnement en bas du mail. Pour un e-mail douteux, mieux vaut ne cliquer sur aucun lien, ne pas ouvrir de pièce jointe et le mettre directement à la poubelle. Un faux lien de désabonnement peut conduire vers une page malveillante.
Deuxième réflexe, faites le ménage en profondeur ! L’application Mail Orange propose l’option « Nettoyer ma boîte mail » dans son menu latéral, qui permet de repérer les messages et dossiers les plus volumineux. Cette fonction affiche l’espace total utilisé et permet de trier, filtrer et supprimer rapidement les mails trop lourds ou les fichiers superflus pour libérer de la mémoire. Selon les versions, un tri par date est aussi disponible.
La capacité standard annoncée est aujourd’hui de 10 Go. Il est conseillé de commencer par les gros fichiers, les doublons et les anciennes pièces jointes devenues inutiles plutôt que supprimer un à un des messages minuscules.
En 2023, cette fonctionnalité avait permis de supprimer 117 Terra octets de données inutiles.
Trier ses mails pour la planète, est-ce vraiment efficace ?
Concrètement, une boîte mail plus légère sera moins polluante mais aussi plus sûre car les messages importants seront plus facilement identifiables, de même que les tentatives de fraude. Cependant, l’Agence de la transition écologique pointe, données à l’appui, que l’essentiel des émissions de CO2 du numérique ne vient pas de nos messageries.
Pour réduire durablement son empreinte carbone, rallonger la durée de vie de ses appareils électroniques et utiliser des appareils moins gourmands en électricité semble être la solution la plus efficace. Pour autant, trier ses mails reste un bon moyen pour gagner en espace de stockage (et donc éviter d’en acheter en supplément).