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Avec le numérique, une nouvelle page se tourne pour les clubs de lecture, qui connaissent un regain d'intérêt depuis quelques années. L'occasion de rencontrer du monde, d'obtenir des recommandations de lecture personnalisées ou de s'entraîner à prendre la parole. Mais comment faire lorsqu'on est introverti alors qu'on a une féroce envie d'intégrer un cercle littéraire ? Et lorsqu'on habite dans un coin paumé ? Heureusement, une nouvelle génération mordue de littérature transmet l’amour du papier à travers l’écran. Bonnes découvertes et nouveaux usages vecteurs de liens et d’émotions, lumière sur le nouveau chapitre des book clubs.
Ma pause lecture, le club philo de Christopher Laquieze
Influenceur littéraire et romancier, Christopher Laquieze a fondé en 2021 le mouvement du « Banquet de la Connaissance », qui rassemble une communauté autour d’une philosophie appliquée à la vie quotidienne. Son travail aborde des thèmes comme la résilience, la confiance en soi ou le courage, avec une volonté de rendre la réflexion philosophique accessible au grand public.
Autour de ce mouvement, il anime en ligne des conférences, un podcast (« Rendez-vous au 19 ») et des contenus réguliers sur Patreon, une plateforme participative dédiée à accueillir des contenus exclusifs en échange d’un abonnement mensuel. Christopher Laquieze nous y invite pour rejoindre son Book Club.
Au programme : lecture, discussions et débats autour d'œuvres évoquant notre expérience personnelle, dans une atmosphère de « banquet » où la pensée circule comme dans un salon littéraire contemporain. La formule « Ma pause lecture », à 9,59 € donne accès au live mensuel pour échanger en direct.
Babelio, le pionnier
Le club de lecture déplacé derrière nos écrans est un phénomène moins récent qu’il n’y paraît et accompagne les premiers pas du Net. Preuve à l’appui, le site Babelio, réseau social consacré à la lecture lancé en 2007 revendique 4 millions de visiteurs uniques par mois.
Babelio fonctionne comme un réseau social du livre : chaque lecteur y tient sa bibliothèque virtuelle, suit ses lectures, publie des avis et participe à des opérations communautaires (lectures communes, opérations « Masse Critique », rencontres avec des auteurs) qui reproduisent l’esprit des clubs de lecture, mais à grande échelle.
L’application mobile permet de scanner les codes-barres pour ajouter un ouvrage, de suivre des recommandations personnalisées et de rejoindre plus facilement cette communauté numérique de lecteurs très active.
Marcel, l'appli qui transforme la rencontre littéraire en réseau social
L’application Marcel se présente comme une plateforme de « rencontres littéraires » qui veut remettre le livre au centre des interactions à l’heure des réseaux sociaux. Le principe est simple : l’utilisateur renseigne un livre ou un auteur qu’il aime et peut ainsi trouver d’autres lecteurs qui l’ont lu ou souhaitent le lire, pour entrer en contact avec eux.
Au-delà de la messagerie entre lecteurs, Marcel permet de créer des « Clubs Marcel », des clubs de lecture spontanés ou réguliers, ainsi que des « heures vertes », des séances de lecture collective d’environ 60 minutes.
L’app parie sur une technologie discrète : interface épurée centrée sur les couvertures de livres, géolocalisation optionnelle pour organiser des rencontres près de chez soi et outils pour lancer ou rejoindre facilement une discussion autour d’un titre.
Marcel illustre une nouvelle génération de clubs de lecture virtuels, à la frontière entre réseau social et salon littéraire 2.0.
Beyond the Cover, le club où on aime les livres et le design
Animé par un pétillant duo formé de Chiara Angori et Gladys Diandoki, spécialistes de la stratégie de contenu numérique, le club de lecture “Beyond the Cover” (« derrière la couverture » en Français) réunit chaque mois sur Zoom des professionnels de l’UX, du design et de la rédaction web autour d’ouvrages ciblés sur le contenu, le produit et la communication numérique.
Les séances, d’une durée d’environ deux heures (souvent de 18h30 à 20h30 heure de Paris), se déroulent dans une atmosphère bienveillante où les animatrices proposent un retour d'expérience anonymisé suivi d'échanges en petits groupes puis d'une discussion plus avancée avec l'auteur à l'honneur.
Bonus : les ouvrages sont également sélectionnés avec soin pour les personnes atteintes de troubles cognitifs tels que le TDAH (trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité).
Le Club de Lecture Silencieuse, pour lire sans pression
« C’est un club pour lecteurs pas forcément extravertis. Amenez un livre et peut-être un ami. Puis mettez-vous à l’aise pour une heure de lecture silencieuse avec d’autres amateurs de livres », explique le fondateur de ce club en ligne pour lecteurs introvertis.
Ici, aucun livre imposé : chaque participant vient avec l’ouvrage de son choix, s’installe devant son écran et lit en silence pendant une heure en même temps que les autres.
Les rencontres, organisées en ligne toutes les deux semaines, suivent un rituel rassurant : un tour rapide de présentation où chacun peut dire qui il est et ce qu’il lit, une longue plage de lecture silencieuse, puis un temps d’échanges informel pour ceux qui souhaitent partager leurs impressions.
Ce format renouvelle l’idée de club de lecture en mettant l’accent sur le temps de lecture lui-même, sur le calme partagé et sur une sociabilité douce, particulièrement adaptée aux personnes introverties ou à celles qui ont besoin de motivation pour se concentrer. Car plus on est connectés, plus on se sent fort !
Les nouveaux rats de bibliothèque
Bien avant la tendance #BookTok, portée par des influenceurs qui veulent redonner le goût de la littérature aux plus jeunes sur TikTok, c'est dans les salons feutrés du XIXe siècle que la pratique de former des cercles littéraires s'est popularisée.
Aujourd'hui, le partage de coups de cœur littéraires en vidéos de quelques secondes nous prouvent que le film de Peter Weir, Le Cercle des poètes disparus, n’expose pas un idéal mis aux oubliettes.
Un regard ingénu qui donne une certaine fraîcheur aux critiques littéraires parfois alambiquées comme l’expliquait Shannon DeVito, responsable des livres de Barners & Noble, au New York Times : « Ces créateurs n’ont pas peur d’être sincères et émotifs lorsqu’ils parlent des livres qui les font pleurer, sangloter, crier ou les énervent tellement qu’ils les jettent à travers leurs chambres. Cela donne des vidéos de 45 secondes auxquelles les spectateurs s’identifient immédiatement ».
La vérité sort de la bouche des plus jeunes, l’adage ne se trompe pas.