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Offrir des cadeaux de Noël de seconde vie est une tendance non par contrainte, mais par envie, qui s’explique par des raisons très concrètes. C’est une opportunité de tenir son budget de fêtes, faire des choix plus réfléchis et limiter l’impact de ses achats, sans renoncer au plaisir d’offrir.
Cette évolution des usages s’inscrit aussi dans un contexte environnemental bien réel. Chaque année, 62 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites dans le monde, selon la quatrième édition du rapport des Nations Unies sur les e-déchets. En France, le numérique représente environ 2,5 % de l’empreinte carbone, d’après l’ADEME. Prolonger la durée de vie des objets et des équipements, c’est avant tout éviter d’en produire de nouveaux quand ceux qui existent fonctionnent encore parfaitement.
Chiner : quand le cadeau a une histoire
Dans la mode, la décoration ou les objets du quotidien, la seconde vie rime souvent avec singularité. « Inutile de m’offrir un vêtement acheté sur Vinted, ça je peux le faire moi-même, prévient Arnaud, 36 ans, concepteur-rédacteur dans une agence parisienne. Par contre si on me dit qu’il s’agit d’une « pièce vintage », ça donne plus envie ! » Question de vocabulaire ? Pas seulement ! Offrir un vêtement ou un accessoire de seconde main demande un niveau d’investissement plus élevé. Contrairement au neuf, l’occasion demande patience et recherche pour tomber sur la pièce de valeur qui porte une histoire. Sur les plateformes de mode d’occasion, on prend le temps de discuter avec la personne qui vend, on négocie — parfois de manière un peu abusive — pour emporter la pépite qui vous distinguera et mettra en valeur n’importe quel dressing.
Au-delà du prix doux, ces sites proposent des pièces de meilleure qualité. C’est le cas des pulls en cachemire ou des sacs en cuir, par exemple. Et lorsqu’ils offrent un aspect qui s’est patiné, pour ne pas dire bonifié, avec le temps, l’impact est d’autant plus fort. N’est-ce pas dans le triptyque parfait de la rareté, la qualité et l’au-then-ti-ci-té que réside l’essence du luxe ? Le prix ne détermine pas la valeur de votre cadeau.
Le reconditionné : une seconde vie encadrée et fiable
Lorsqu’il s’agit d’électronique, la logique est différente. Le reconditionné ne relève pas de l’achat entre particuliers, mais d’un processus encadré : les appareils sont testés, contrôlés, nettoyés et remis en état selon des standards précis, puis proposés avec des garanties.
« Il n’y a pas de raison qu’un cadeau de seconde main soit mal reçu s’il a été longuement mûri et fabriqué sur mesure. On obtient quelque chose d’un peu mieux adapté qu’avec un appareil neuf choisi un peu au hasard », témoigne Rémi Fournier dans Le Monde. Cet ingénieur de 42 ans a offert à chacun de ses proches un PC reconditionné au moment où Microsoft arrêtait le support de Windows 10. Son truc en plus ? Le sur-mesure. Après avoir interrogé ses proches sur leurs besoins, il a personnalisé les appareils en fonction de leurs usages réels : navigation, photo, travail, loisirs, autonomie… Une approche plus personnalisée qu’un achat neuf souvent guidé par la nouveauté plutôt que par le besoin.
Si vous ne voulez pas jouer au mécano — on comprendrait — APC59 ou Ecodair proposent des gammes de PC reconditionnés avec plusieurs niveaux de performance et parfois des options (ajout de RAM, changement de disque), ce qui permet de « tuner » la machine pour l’adapter au mieux à votre proche. Côté smartphone, Orange propose du reconditionné avec un large choix de configurations, d’usages et un service d’accompagnement. Ces appareils bénéficient notamment du label RECQ, qui garantit la qualité des produits, la transparence de leur état et la fiabilité des contrôles réalisés. Il est également possible de rapporter son ancien mobile en boutique : s’il ne sert plus, il peut être repris, reconditionné ou recyclé, et retrouver une valeur.
Une filière de reconditionnement « Remade in France »
Le reconditionné est aussi un enjeu industriel. Orange s’appuie sur une filière de reconditionnement en France, avec des partenaires comme « Remade in France », pour développer des smartphones. Une démarche qui contribue à structurer une économie plus circulaire, à soutenir l’emploi local et à prolonger la vie des équipements numériques sur le territoire.
Au fond, offrir un cadeau de seconde vie, qu’il soit chiné ou reconditionné, ce n’est pas offrir moins. C’est offrir un objet utile, durable et déjà éprouvé, capable de rendre service longtemps. À Noël, c’est surtout faire un choix qui a du sens.