Digital Cleanup Day : et si on nettoyait nos données numériques ?

Le digital est peut-être immatériel mais son impact environnemental, lui, est bien réel. À l’occasion de la 4e édition du Digital Clean Up Day, on vous accompagne dans votre grand nettoyage numérique.

Publié le : 20-03-2023

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Saviez-vous que 4% des émissions de gaz à effet de serre sont causées par le numérique ? Et oui, on a beau trier ses déchets et acheter bio, on ne pense pas forcément à l’impact écologique que peut avoir son téléphone ou l’intérieur de sa boîte mail. Sensibiliser à l’empreinte environnementale du digital, c’est justement le but du Digital Clean Up Day (DCUD), une initiative née de l’association entre le World Cleanup Day (WCD) et l’Institut du numérique responsable (INR).

Durant 5 jours, du 13 au 18 mars, particuliers, entreprises, associations, collectivités et écoles étaient invités à se mobiliser à travers des actions concrètes pour la planète. Si le projet vous intéressait, deux possibilités s’offraient à vous : organiser un atelier “Digital Cleanups” en vous inscrivant sur le site de l’événement, ou en rejoindre un. Durant ces ateliers vous pouviez, par exemple, apprendre à nettoyer vos données numériques. L’occasion de s’occuper de ces innombrables photos qui traînent dans votre téléphone sans que vous sachiez trop pourquoi vous les avez prises. Ou encore, de s’attaquer à cette montagne de mails en retard (au-delà de 1000 on ne compte plus, pas vrai ?). Bref, de relever ses manches et de reprendre votre vie digitale en main, à grands coups de bonne volonté.

Des entreprises déjà sensibilisées à l’événement

Mais ce qui vous intéresse, c’est peut-être cette vieille tablette qui traîne dans votre tiroir depuis des lustres. Et vous auriez raison de vous en préoccuper ! Outre le bénéfice pécuniaire qu’offre la réutilisation de ses anciens appareils électroniques, le bénéfice environnemental est certain. 75 % de l’impact environnemental du numérique réside dans la fabrication, selon le directeur de l’INR.

Plusieurs ateliers proposaient ainsi une aide pour rallonger la durée de vie de nos appareils inutilisés. Des initiatives privées mais aussi publiques, comme celle des magasins Boulanger. Le groupe, spécialisé dans l’électroménager et le multimédia, proposait à ses clients de prolonger la durée de vie de leur smartphone en protégeant leur écran et en les réparant, mais aussi d’offrir une seconde vie à leurs appareils (smartphone, tablette, ordinateur) en les rachetant.

Mais vous vous demandez peut-être que faire de ce vieux projecteur qui ne s’allume plus…pour ça, il y a l’option recyclage. Du côté de la RATP, un “Digital Cleanup” a été lancé, le 18mars. Les usagers de la ligne 7/7 bis étaient ainsi invités à déposer leurs équipements numériques non fonctionnels afin qu’ils soient recyclés.

Prochaine étape : cibler la jeunesse

Si les entreprises semblent avoir assimilé le message, pour cette 4e année, l’initiative semble encore un peu obscure pour certains particuliers. “Je n’en ai jamais entendu parler”, nous avoue ce directeur d’un établissement scolaire de Sarcelles (Val d’Oise). Bien que sensible aux sujets liés au numérique (l’association Génération numérique se rend une fois par an dans son établissement pour sensibiliser les élèves aux dangers du web), il admet que la question de son aspect environnemental est assez restreinte : “On essaie de l’introduire par le biais de cours d’enseignement morale et civique ou d’informatiques”. Même son de cloche du côté de Mélodie, enseignante du secondaire en Martinique.

Rien d’étonnant à cela pour Julien Nora, coordinateur de l’événement : “Le World Clean Up Day France engage beaucoup de citoyens pour nettoyer les plages, mais sur le volet digital on engage beaucoup plus les grosses entreprises.”

Pas de quoi se laisser démoraliser pour autant, “cette année on a démarré un compte Instagram , mais il faut encore le temps que ça prenne”, nous indique Julien. Car la prochaine étape, et non des moindres, c’est de viser la jeunesse. Un public plein de paradoxe. En effet, si l’environnement arrive en tête des préoccupations des 18-30 ans (ils sont 32% à y être sensible selon une étude du Crédoc menée en 2019), ils restent de gros consommateurs de produits multimédias. Julien reste optimiste, même si “sensibiliser est déjà un projet titanesque”, il sent un engouement grandissant pour le projet : “on est à plus de 2000 événements référencés sur la plateforme au premier jour”. Certains découvraient encore l’existence du DCUD, une semaine avant le lancement de l’évènement.

L’année dernière, plus de 430000 personnes ont été sensibilisées au numérique responsable à travers plus d’un millier d’ateliers Cleanups. Leurs actions ont permis d’effacer 1927 To de données et de recycler plus de 5000kg d’équipements électriques. Alors le nettoyage numérique on s’y met ?

Et toi Orange, tu fais quoi ?

Le programme “RE” : accélérer le recyclage, la reprise et le reconditionnement des mobiles

Orange est le seul opérateur européen à déployer toute une filière de recyclage solidaire pour téléphones mobiles, en France et en Afrique.
Les étapes de la filière Recyclage du programme « RE » :
  1. Tout commence en France, où les téléphones en état de marche sont testés,
  2. Leurs données personnelles sont ensuite effacées
  3. Puis les appareils sont reconditionnés en France, pour être ensuite vendus dans d’autres pays.
  4. Les téléphones qui ne fonctionnent plus sont recyclés et les matières polluantes sont traitées.
  5. Les métaux récupérés sont réutilisés en tant que matières premières.
  6. Le tri est effectué par l’entreprise d’insertion Les Ateliers du Bocage, située dans les Deux-Sèvres.
  7. L’intégralité des bénéfices est par la suite reversée à Emmaüs International.
  8. La filière se poursuit dans un second temps sur le continent africain, où les terminaux en fin de vie sont récupérés auprès des revendeurs et des réparateurs locaux.
  9. Triés sur place, ces déchets sont ensuite envoyés en France pour être recyclés.

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