Temps de lecture : 3 minutes
Promulguée le 24 août par Emmanuel Macron et publiée au Journal Officiel le lendemain, la loi n° 2026-813 visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux étend aux lycées le principe d’interdiction du téléphone portable déjà appliqué de la maternelle au collège depuis 2018. L’objectif est de redonner aux élèves du temps scolaire et de leur permettre de mieux étudier.
La loi s'étend du collège au lycée
Le texte est censé entrer en vigueur dès le 1er septembre dans tous les lycées de France.
Concrètement, les téléphones portables, mais aussi les montres connectées, ne pourront plus être utilisés par les élèves lorsqu’ils se trouvent dans l’enceinte du lycée, que ce soit lorsqu’ils sont en cours ou lorsqu’ils font une pause.
Les modalités concrètes d’application de la loi — appareil éteint dans le sac, casiers individuels, boîte collective — devront être précisées par le règlement intérieur de chaque établissement. Lorsqu’un élève ne respectera pas l’interdiction, le texte précise qu’une réponse graduée, personnalisée et proportionnée devra être apportée par le personnel éducatif.
L'exception médicale
Toutefois, des exceptions resteront possibles pour certains usages pédagogiques. En outre, la loi « permet systématiquement l’utilisation du téléphone portable ou d’un objet connecté par un élève pour un motif médical », notamment pour les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant.
Ces mesures s'inscrivent dans le prolongement du dispositif « Portable en pause », qui rend effective l'interdiction du téléphone portable à l'école et au collège, comme précisé par l'article L511-5 du Code de l'éducation. Au lieu de demander simplement à l’élève de ne pas utiliser son téléphone, l’établissement organise la mise à l’écart de l'appareil pendant le temps scolaire. Ce sera donc maintenant également le cas pour les lycées.
5 heures d'écran par jour
D'après le Baromètre CNL (Centre national du Livre) / Ipsos 2026 portant sur les jeunes et la lecture, les 16-19 ans passent en moyenne plus de 5 heures par jour sur les écrans, hors temps scolaire. Cette exposition prolongée n'est pas sans danger.
Chez les adolescents, l'hyperconnexion provoque notamment de la fatigue visuelle, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration, tout en les exposant au cyberharcèlement.
En 2022, l'enquête menée par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) révélait que 65 % des élèves étaient distraits par l’usage d’appareils numériques, tandis que 59 % déclaraient être déconcentrés par les appareils de leurs camarades.
Afin de rectifier le tir, la loi vise à instaurer un climat scolaire serein, à protéger les élèves et à favoriser les apprentissages.
Une interdiction difficile à mettre en oeuvre
Pour autant, le téléphone portable fait intégralement partie de la vie des lycéens. Ceux-ci l'utilisent notamment pour organiser leur agenda, connaître l'heure pendant les cours, consulter Pronote ou faire des recherches lorsqu'ils ont un devoir à rendre. Ce n'est pas simplement un outil numérique qui déconcentre les élèves, car il a également une fonction utile pour les études.
Par ailleurs, à quelques jours seulement de la rentrée, les proviseurs sont pris de cours. Pour que la loi soit appliquée, il faudrait qu'ils puissent modifier en urgence le règlement intérieur de leurs établissements afin d'y inclure cette nouvelle règle, ce qui est peu probable compte tenu des délais. Il y a donc peu de chances que l'interdiction soit mise en place le 1er septembre.
Il n'en reste pas moins que la France s’inscrit dans une tendance mondiale. En mars 2026, l’Unesco recensait 114 pays qui avaient limité, voire interdit l’usage du téléphone portable à l’école, soit 60% des pays à travers le monde, contre 24 % en 2023.