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L’année dernière, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) a enregistré 1 072 dossiers, soit le plus grand nombre de signalements reçus depuis la création de cette institution judiciaire en janvier 2021.
Derrière leurs ordinateurs, leurs tablettes ou leurs smartphones, certains internautes multiplient les propos discriminants ou haineux sur les réseaux sociaux, les plateformes vidéo, les messageries, ou les forums.
Bonne nouvelle, il existe en France un certain nombre de démarches simples, gratuites et la plupart du temps anonymes pour effectuer un signalement. On vous explique quoi faire et vers qui vous tourner.
La plateforme Pharos
Lancée en 2009 à l’initiative du ministère de l’Intérieur en coordination avec l’OCLCTIC (Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication), la plateforme PHAROS (Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements) reste, en 2026, l’outil à privilégier pour signaler tout contenu ou propos à caractère raciste repéré sur Internet, et plus largement tout commentaire illicite, provocation à la haine, injure, diffamation, menace, harcèlement, discrimination.
Elle permet de témoigner anonymement de « l’expression du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie », délits qui sont encadrés et punis par la loi n° 90-615 du 13 juillet 1990, mais aussi de « l’incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse » qui est sanctionnée par l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881, qu’ils soient « présents sur des sites, blog, forum, tchat, réseaux sociaux… »
Pour cela, il suffit juste de cliquer sur l’onglet « Signaler », de sélectionner l’infraction constatée, puis de renseigner le type de contenus, la date d’observation et le support.
Après confirmation par les équipes de PHAROS du caractère illicite du contenu, le signalement pourra donner lieu à l’ouverture d’une enquête pénale placée sous l’autorité du procureur de la République.
Le rôle clé des « signaleurs de confiance »
Depuis l’instauration en 2024 du Digital Service Act (Act), ou Règlement sur les Services Numériques (RSN), dans l’Union Européenne, certains organismes, désignés en France par l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), sont reconnus comme « signaleurs de confiance », ce qui oblige les plateformes à traiter leurs signalements en priorité.
C’est le cas de l’association Point de Contact, qui permet à toutes et à tous de signaler anonymement, gratuitement et simplement des contenus haineux ou violents repérés en ligne. Elle travaille en étroite collaboration avec les autorités, les plateformes et les hébergeurs pour faciliter le retrait des contenus illicites.
C’est également le cas de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) qui dispose d’un formulaire de signalement pour les victimes ou témoins de racisme, d’antisémitisme, de discrimination, d’injure, de provocation à la haine, de diffamation ou de contestation de crimes contre l’humanité. Son équipe de juristes est formée pour soutenir, orienter et accompagner les personnes concernées.
Sans être « signaleurs de confiance », d’autres associations antiracistes restent des interlocuteurs essentiels dans ce genre de situation. SOS Racisme propose un accompagnement par son pôle juridique, joignable par téléphone ou par mail, avec des permanences pour les victimes ou témoins de racisme, d’antisémitisme ou de discriminations raciales.
De son côté, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) dispose de permanences d’accueil et d’un service juridique qui reçoit des demandes de victimes ou de témoins par téléphone, mail, courrier ou rendez-vous.
Enfin, le Défenseur des droits peut également accompagner les personnes victimes ou témoins de discriminations, notamment via la plateforme antidiscriminations.fr et le 3928. Les échanges sont gratuits et confidentiels.
Les acteurs du numérique en première ligne
Dernier étage de la fusée, les grandes plateformes — Facebook, Instagram, X, TikTok, YouTube, Snapchat, Twitch, LinkedIn — sont contraintes par le Digital Service Act de proposer des mécanismes simples pour signaler les contenus illicites.
Concrètement, chaque réseau social dispose de boutons de signalement pour permettre le retrait rapide d'une publication problématique, voire la suspension du compte de celui ou celle qui en est à l'origine.
Pour vous aider, le portail officiel Cybermalveillance.gouv.fr propose les liens de redirection menant aux pages de signalement des principaux réseaux sociaux. Pour aller plus loin, il convient, dans tous les cas de figure, de saisir PHAROS.