Cette question essentielle de l’accès des mineurs à des contenus pornographiques ne se pose pas qu’en France. Depuis septembre 2019, les régulateurs allemands demandent aux diffuseurs de contenu pornographique de mettre en place des dispositifs permettant de contrôler l’âge de leurs visiteurs. La loi stipule que les sites ne respectant pas cette condition se verraient interdits sur le territoire. Mais outre-Rhin aussi, la mise en œuvre de la mesure reste également en attente. Le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis réfléchissent à des mesures pour empêcher l’accès à ces sites aux internautes mineurs. En 2019, le gouvernement anglais avait dû renoncer à imposer le filtrage aux sites pornographiques sous peine de blocage, sous la pression notamment des amateurs de contenus adultes, qui ne souhaitaient pas que leur données de connexion soient enregistrées.
Reste encore un problème de taille : la plupart des mesures envisagées restent faciles à contourner, et la protection de la vie privée des internautes empêche d’établir des lois trop contraignantes. Par ailleurs, si les sites adultes les plus connus sont bloqués, d’autres resteront en ligne, sans même évoquer le contenu à caractère pornographique discrètement disponible sur les réseaux sociaux préférés de nos enfants. A l’instar des cassettes vidéos et autres magazines qui circulaient sous le manteau dans nos cours de récréation, les images pornographiques pourraient donc bien continuer à être exposées à des mineurs…