L’Arche de Noé digitale existe, elle est en Norvège

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Conserver le savoir de l'humanité pour les générations futures, c'est la mission de l'Arctic World Archive.

Crédit des images : Einar Jørgen Haraldseid / CC BY-SA 2.0
Crédit des images : Einar Jørgen Haraldseid / CC BY-SA 2.0
Crédit des images : Einar Jørgen Haraldseid / CC BY-SA 2.0

Sous l’île gelée de Spitzberg, en plein Arctique, a été construit un programme d’archivage d’un genre un peu particulier : une Arche de Noé du digital. Ce conservatoire a une mission : protéger le savoir humain pour le reste de l’humanité. Alors, à 120 mètres de profondeur sous les collines inhospitalières norvégiennes sont stockées des images, des vidéos et des données pour 500 ans minimum, et peut-être même plus. Ce conservatoire fait écho à la réserve mondiale de semences du Svalbard – en norvégien Svalbard globale frøhvelv – qui répertorie plus d’un million de graines du monde entier.

Des bobines pour conserver les données

La société Piql s’occupe de l’archivage de l’Arctic World Archive. Pour que les données résistent à l’usure du temps et puissent servir aux générations futures en cas de gros pépin apocalyptique (l’année 2020 n’est pas encore finie, rappelons-le), elles subissent un traitement spécial. Piql numérise les fameuses données, puis les imprime sur des rouleaux spéciaux – le PiqlFilm – avant de les enrouler en bobines, à la manière de pellicule de film ou de photos argentiques. Elles sont ensuite protégées dans des PiqlBox.

A savoir que ces box sont pratiquement indestructibles. Elles résistent aux pulsations électromagnétiques, aux radiations nucléaires et à une température de -197 degrés Celsius. De quoi a priori, passer les années sans souci.

De Linux au Bitcoin

La plateforme GitHub, bien connue des développeurs qui publient régulièrement leurs lignes de code, a participé au projet. Le site a déposé l’intégralité de ses programmes, 21 térabits, l’équivalent de 21 fois l’ensemble de Wikipedia. Parmi ses nombreuses lignes de codes, on trouve les systèmes d’exploitation de Linux et d’Android, les crypto monnaies Bitcoin et Ethereum. On y trouve également des données de l’Unicef, de l’Agence Spaciale Européenne (ESA), de la bibliothèque apostolique vaticane ou des archives nationales du Mexique.

Si vous aussi, vous voulez transmettre des données à la Arctic World Archive, sachez que c’est possible puisque Piql est une entreprise privée. Pour avoir une chance de conserver vos précieuses données, le site indique cependant que vos données doivent être « globalement signifiantes pour le bénéfice des générations futures ». Sauf que, sur ce point, il va falloir s’entendre. Car ce n’est pas la première fois que le principe des capsules spatio temporelles est utilisé. En 1876 déjà, des humains avaient enfermé des données considérées comme précieuses. Résultats des courses 100 ans plus tard : les humains du siècle d’après ont, eux, trouvé, le contenu complètement inintéressant…