Comment l’IA améliore l’apprentissage des langues étrangères ?

Vous partez bientôt à l'étranger et vous ne savez pas parler anglais ? Après avoir bouleversé la traduction et l’écrit, l’intelligence artificielle s’attaque à l’apprentissage des langues, avec la promesse d'une formation personnalisée et interactive. On vous dit tout !

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Depuis toujours, apprendre une langue grâce à une application signifiait répéter du vocabulaire, faire des exercices de grammaire et travailler la compréhension grâce à des dialogues enregistrés ou des fiches écrites. 

Aujourd’hui, les nouveaux outils d’IA peuvent converser avec vous, corriger une erreur presque instantanément et adapter les exercices au niveau de l’apprenant, tout en multipliant les occasions de pratiquer et de progresser, notamment à l’oral, grâce à des outils disponibles à toute heure, patients et dépourvus de jugement. Les premières études montrent des gains réels.

Des outils intelligents qui s'adaptent à l'apprenant

La grande différence avec les applications classiques, c’est que l’IA peut jouer le rôle d’un interlocuteur et proposer des exercices calibrés au niveau de l’apprenant. Elle peut repérer des fautes de grammaire, de vocabulaire ou de formulation et expliquer pourquoi elles sont incorrectes. En outre, l’IA peut faire travailler la prononciation. Certains outils peuvent analyser la voix de l’utilisateur et lui signaler les sons à améliorer. Ils peuvent aussi proposer des dialogues ou des exercices de compréhension. 

Enfin, cette technologie peut rendre l’apprentissage plus actif. Au lieu de seulement mémoriser des règles, l’apprenant peut demander à l’IA de créer des jeux de rôle, des quiz ou des histoires interactives. Autant d’atouts pour mieux apprendre et plus rapidement.

Plus de conversation orale, moins de blocages

Depuis peu, les acteurs historiques de l’apprentissage des langues en ligne ajoutent des fonctions conversationnelles à leurs modules d’apprentissage. C’est le cas de Duolingo, qui propose des appels vidéo avec le chatbot Lily pour améliorer l’expression orale des apprenants.

C’est également le cas de Busuu qui a mis au point des modules de conversation adaptés au niveau CECRL (Cadre européen commun de référence pour les langues). De son côté, Babbel développe Babbel Speak autour de scénarios du quotidien.

En parallèle, l’application Speak mise sur la répétition ciblée à haute voix et la conversation assistée par intelligence artificielle pour débloquer l’expression orale sans peur du jugement, quand ELSA Speak se concentre sur la prononciation anglaise, et que Praktika utilise des avatars ultra-réalistes animés pour simuler des conversations orales en conditions réelles.

Comment une IA repère nos erreurs ?

La correction passe par plusieurs étapes. La reconnaissance automatique de la parole transforme d’abord la voix en texte. Ensuite, des modèles acoustiques peuvent analyser les sons, leur durée, l’accentuation ou l’intonation. Enfin, un modèle de langage passe au crible la phrase pour identifier ce qui pourrait clocher. 

De cette manière, ELSA Speak peut signaler un son mal articulé, un accent tonique placé au mauvais endroit ou une intonation à retravailler. Dans la même logique, Babbel analyse la production orale et délivre un retour immédiat sur les erreurs à corriger. Les systèmes les plus récents vont plus loin en pouvant simuler une conversation dans un restaurant, un entretien d’embauche ou une discussion avec un ami, en signalant automatiquement les fautes, et en proposant des exercices ciblés pour progresser.

Des gains réels pour l'apprentissage des langues

En 2024, une étude menée par des chercheurs de la Shandong University auprès 131 étudiants chinois apprenant l’anglais[1] a révélé des progrès importants dans le plaisir d’apprendre, la volonté de communiquer, la baisse de l'anxiété, et l'acquisition des connaissances de base. 

Cette année, des chercheurs finlandais de la Faculty of Information Technology ont mis en avant des gains réels pour les apprenants, notamment grâce aux outils qui fournissent du feedback (bilan) personnalisé.[2]

L’intérêt pédagogique est considérable car quelques minutes d’apprentissage deviennent  quelques minutes entièrement passées à parler et à progresser. Cependant, il ne faut pas oublier que même les meilleures IA peuvent se tromper, ce qui veut dire qu'il faut conserver un minimum de vigilance. Les modèles génératifs peuvent proposer une correction grammaticale discutable, privilégier une tournure peu naturelle ou passer à côté d’une nuance culturelle.

Par ailleurs, en concentrant l'essentiel des utilisateurs, l'anglais reste la langue de référence, et celle sur laquelle les algorithmes se sont le plus entraînés, avec un risque d'erreur qui est, de ce fait, plus faible. Speak a commencé par cette langue avant d’étendre son offre à l’espagnol, au français, au japonais, au coréen, à l’italien ou au chinois. Duolingo déploie déjà ses conversations IA sur plusieurs grandes langues, tandis que Babbel élargit progressivement Babbel Speak selon les marchés.

A terme, et au fur et à mesure que l'usage progressera, ces nouveaux outils vont considérablement s'améliorer, et nous permettre de nous améliorer plus rapidement et plus efficacement dans la pratique d'une langue étrangère. 

Sources

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