Ces applis conçues pour la sécurité des femmes

Terrasses, restaurants, festivals, plages... L’été allonge le temps passé dehors, et renforce ainsi l’exposition des femmes aux remarques sexistes, aux suivis insistants et aux gestes déplacés. Face à cette insécurité permanente, plusieurs applications misent sur la géolocalisation, l’alerte communautaire et les lieux refuges pour leur apporter une aide concrète. Ces outils anti-harcèlement sont aujourd'hui de plus en plus utilisés.

©Getty

Temps de lecture : 3 minutes

Une robe légère ou un haut un peu échancré ne devraient jamais être interprétés comme une invitation au rapprochement des corps. Pourtant, lorsque les beaux jours arrivent, de nombreuses femmes racontent redoubler de vigilance : écouteurs retirés de leurs oreilles, téléphone en permanence à la main, itinéraire partagé avec leurs amies… 

En 2025, la police et la gendarmerie ont enregistré 3 900 infractions pour outrage sexiste et sexuel, soit 17 % de plus qu’en 2024, et ce alors que ces faits font très rarement l’objet d’un signalement comme le rappelle le ministère de l’Intérieur. Neuf victimes sur dix étaient des femmes. Aujourd’hui, les outils numériques peuvent apporter une aide précieuse pour lutter contre le harcèlement grâce à des dispositifs d’alerte, des cartographies collaboratives, des messageries instantanées ou des réseaux de solidarité en ligne. Tour d’horizon des solutions les plus pertinentes.

App-Elles : déclencher une alerte en un clic

Téléchargeable gratuitement depuis Google Play et l’Apple Store, App-Elles est une application mobile d’assistance qui permet aux victimes de déclencher une alerte en un clic, d’informer trois contacts de confiance de l’endroit où elles se trouvent, et d’envoyer un enregistrement sonore en temps réel de ce qu’elles sont en train de vivre.

Umay : 7000 lieux sûrssécuriséssafe places pour se mettre à l'abri

Avec un objectif similaire, Umay, qui est disponible gratuitement sous Android et IOS, permet aux femmes d’informer leurs proches de leurs trajets en temps réel, de signaler tout problème rencontré durant celui-ci, et de visualiser en direct les agressions signalées par les autres utilisatrices. Les alertes les plus graves restent visibles trente minutes pour prévenir les personnes à proximité.

En complément, l’outil dispose d’une assistance disponible 24h/24 et 7j/7, et d’une carte interactive recensant 7000 « safe places » (lieux sûrs) rigoureusement sélectionnées — commerces, cafés, restaurants, pharmacies — dont le personnel a été sensibilisé pour accueillir une personne cherchant à se mettre à l’abri.

The Sorority : appeler la communauté à la rescousse

Autre innovation anti-harcèlement, The Sorority repose sur un réseau d’entraide. Lorsqu’une alerte est déclenchée, celle-ci est envoyée aux cinquante membres les plus proches de la personne en danger, qui vont la localiser et contacter rapidement la police. 

L’application revendique plus d’un million de téléchargements, 390 000 profils validés et actifs, ainsi qu'une liste de 26 000 lieux sûrs. Selon les fondatrices de The Sorority, 94 % des personnes qui utilisent cette solution se sentent davantage en sécurité dans la rue et les transports. 

PiWee's : trouver facilement des toilettes sûres et propres

Alors que 87% des femmes de moins de 30 ans jugent les toilettes publiques sales ou peu sûres, l'application PiWee's, qui est disponible sur Google Play, a été conçue pour qu'il soit possible de trouver rapidement des toilettes accessibles. Grâce à une carte interactive et à des critères personnalisables, l’utilisatrice repère les lieux qui correspondent à ses attentes en matière de propreté et de sécurité. 

L’application permet aussi de consulter les avis de la communauté et de partager sa propre expérience après une visite. Son fonctionnement collaboratif en fait une solution simple, utile et solidaire au quotidien.

De nouveaux réflexes numériques avant de sortir

Pour les femmes, ces outils font naître de nouvelles contraintes. Il faut installer une application de sécurité sur son téléphone, la configurer et la tester pour s'assurer qu'elle fonctionne bien. Il faut autoriser la géolocalisation et les notifications, désigner ses contacts de confiance, et repérer le bouton d’alerte. En outre, il faut toujours s'assurer d'avoir de la batterie. 

C'est tout le paradoxe. Ces outils apportent de la sécurité aux femmes, rassurent leurs proches et rendent visibles des violences qui sont souvent banalisées, mais ils créent aussi de nouvelles injonctions.

Par ailleurs, ils ne remplacent pas le signalement d'une agression à la police. En été comme le reste de l’année, la réponse au harcèlement devrait passer en premier lieu par la prévention, l’éducation, l’aménagement de l’espace public et l’action des autorités.

Partager l’article

Partager #ForGoodConnections sur