Retrouver la motivation avec le jeûne téléphonique intermittent 

Se concentrer sur des tâches exigeantes qui mobilisent toute notre attention nous rendrait non seulement plus productifs mais aussi plus heureux. Voici comment reprendre le contrôle sur la dopamine numérique.

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Dans un contexte où nous n'avons jamais autant utilisé notre smartphone, y compris pendant les heures de travail, trouver la motivation demande un effort considérable. Ancien accro aux notifications, le neuroscientifique britannique TJ Power défend une idée simple : pour retrouver l'envie, il faut cesser de nourrir le cerveau en micro-shoots de dopamine inutiles et reconstruire des plages d’attention profonde, sans téléphone.

Les notifications sont conçues pour activer le circuit de la récompense, à la manière d’un mini-jackpot qui s’affiche sur votre écran plusieurs dizaines de fois par jour. À force, le cerveau s’habitue à ces gratifications instantanées, tolère de moins en moins l’ennui et peine à se mobiliser pour des tâches longues : lire un rapport, préparer une présentation, mener un entretien complexe. Les scientifiques associent d'ailleurs régulièrement baisse de concentration, augmentation du stress et sensation diffuse de fatigue mentale. « Trop d'écrans et pas assez d'activités calmes, dans la durée et la concentration » expliquent une sensation de perte de mémoire selon Catherine Thomas-Anderson, neurologue et membre de l'Observatoire B2V des Mémoires.

Qu’est-ce que le jeûne téléphonique intermittent ?

La solution se trouverait-elle dans notre assiette ? Le jeûne téléphonique intermittent proposé par TJ Power s’inspire du jeûne intermittent alimentaire : alterner des fenêtres d’usage ciblé du téléphone et des fenêtres sans écran, plutôt que viser une abstinence totale irréaliste. L’objectif n’est pas de tirer une croix sur le numérique mais de réapprendre à doser les stimulations : réduire les consultations impulsives pour redonner du poids aux moments où l’on choisit réellement de se connecter. Les travaux récents sur les « digital detox » montrent que des pauses structurées, même courtes, améliorent le bien-être, le sentiment de contrôle et la qualité du temps libre.

Du vrai plaisir grâce aux tâches exigeantes

Pour rendre ce jeûne compatible avec la réalité professionnelle, on peut par exemple définir des créneaux sans téléphone au début de la matinée, après la pause déjeuner ou sur certains créneaux de « deep work » (travail intense), tout en laissant des fenêtres d’accessibilité pour les urgences. L’idée n’est pas d’être moins joignable, mais d’être joignable autrement : notifications filtrées, numéros ou applications prioritaires, et canaux dédiés aux vrais imprévus.

Concrètement, on transforme ces plages sans téléphone en temps de recharge active. On glisse des micro-routines qui renforcent réellement la motivation : marche de 5 à 10 minutes, respiration guidée, prise de notes manuscrites pour clarifier les priorités, ou encore liste rapide des « petites victoires » de la journée. Ces activités, moins stimulantes que les réseaux sociaux sur le moment, favorisent pourtant un bien-être plus durable et un engagement plus solide dans le travail.

Meilleur sommeil, moins de procrastination, davantage de temps perçu et un sentiment de « cerveau plus silencieux »… Les bénéfices sont palpables. Des travaux publiés en 2025 soulignent aussi que la réduction volontaire de l’exposition aux flux algorithmique type réseaux sociaux diminue l’addictivité perçue et renforce le sentiment d’autonomie, y compris chez des publics jeunes. Pour des actifs en quête de motivation, cela se traduit par une capacité accrue à entrer dans des tâches exigeantes et à les mener à terme sans se fragmenter toutes les cinq minutes.

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