Y a-t-il un âge pour apprendre à coder ?

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Tout est possible, quel que soit l’âge. Mais pour faire aimer le code, mieux vaut s’y prendre tôt. Comment ? En apprenant aux enfants à devenir des « #SuperCodeurs ». Reportage.

Tout est possible
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L’apprentissage de la programmation informatique a-t-il une date de péremption ? Qu’ils soient développeurs ou professeurs de l’Education nationale, tous s’accordent à dire que non, rien n’est foutu, quel que soit l’âge. Mais mieux vaut démarrer au berceau, ne serait-ce que pour s’orienter tôt dans une filière prometteuse. Du coup, on est allé au collège, pour un atelier #supercodeur .

« C’est une nouvelle aventure ! » Archi enthousiaste, Jeanne, une élève de 4ème au collège Boris Vian du XVIIe de Paris, pointe du doigt l’ordinateur qu’elle partage avec Joséphine, « presque 15 ans ». « Tu vois, là on fait du code ». Au milieu du CDI, entre les J’aime Lire et les Sciences et Vie junior , trente élèves écoutent attentivement les consignes du coach , présentateur de l’atelier #SuperCodeurs. Encadrés par une dizaine d’adultes, des bénévoles de chez Orange, les élèves agitent leur souris. « Il faut prendre les carrés et les organiser », explique Joséphine. Il s’agit en fait du langage de programmation visuel Aseba, fait de formes et de couleurs à ordonner pour faire avancer Thymio, le petit robot à roulettes. Un moyen de faire comprendre aux élèves les enchaînements logiques sans entrer dans la complexité. 

 

« J'ai appris à coder à 40 ans »

Lors de ces sessions de deux heures, organisées par Orange au sein des établissements scolaires dans toute la France, les élèves apprennent à programmer un robot. Mais pas que. L’atelier aborde aussi les grands concepts de la culture numérique. « C’est quoi l’intelligence artificielle ? », demande le coach. « C’est comme une fleur », répond l’un, « C’est quand on réfléchit », répond un autre. On peine à trouver une définition, mais, ouf ! Khaoula Romdham, prof de maths et référent numérique de l’établissement, arrive à la rescousse. Cette ancienne ingénieure Télécoms, reconvertie dans l’enseignement depuis trois ans, anime aussi le Club de robotique, lieu très prisé des élèves de la 6ème à la 3ème. « Madame, madame ! Est-ce qu’on peut programmer les capteurs ? », demande en coeur deux élèves. « Vous voyez, chacun va à son rythme, et ces deux-là sont déjà en train de prendre de l’avance », observe-t-elle.  

 

« Le code n'est pas qu'un truc de garçon »

« On voit bien que les enfants sont ouverts à tout. Ils vont très vite, ils absorbent. Les adultes doivent faire un effort », observe Marianne Lahaye, déléguée régionale Orange, qui a enfilé son t-shirt de coach d’un jour. Un avis que ne partage qu’à moitié Sophie Greland, également encadrante ce jour-là. Cette développeuse crée des outils pour faciliter le travail des conseillers en boutique. « J’ai commencé le code à 40 ans ! Il n’y a vraiment pas d’âge pour apprendre. Et puis je viens aussi pour faire passer le message que le code, ce n’est pas qu’un truc de garçon ! ». Un message bien reçu par les enfants qui affirment, quand on leur demande que « le code, c’est pour tout le monde. » 

 

 

 

« C’est génial, ça cartonne, les enfants adorent ! » Et commencer tôt peut changer leur destin scolaire. M. Aubernon, le directeur de l’établissement classé REP (anciennement ZEP) en est convaincu : plus tôt les élèves sont sensibilisés, plus fortes sont les chances de susciter des vocations. « Ces ateliers les aident à se construire et à acquérir des compétences », explique-t-il.« En plus, ils se sentent bien dans leur collège, c’est super important. » Un avis partagé par Malik Mehannek, professeur de techno. « Lors des ateliers #SuperCodeurs, il y a un ordinateur pour deux, un robot pour deux et dix encadrants. Vous vous rendez compte ? C’est bien plus que ce que nous pouvons faire ici ! ».

Test de légende

Apprendre le code jeune permet de se projeter dans les métiers de demain

« On se rend compte que les élèves qui rencontrent des difficultés sont ceux qui ont le moins accès au numérique chez eux », constate Malik Mehannek. Dans ce collège de Réseau d’Éducation Prioritaire, le maximum est fait pour l’accès au numérique des enfants. Outre les cours de maths et de techno qui intègrent des notions de programmation, une tablette personnelle est remise aux élèves de trois niveaux. « Nous faisons une cérémonie lors de laquelle nous remettons une tablette personnelle », explique Malik Mehannek. « A la maison, les enfants n’ont pas beaucoup de moyens numériques. Certains aucun. Alors, leurs tablettes, ils en prennent soin. Nous avons très peu de casse, de l’ordre de 2% ». Un effort louable, mais loin d’être suffisant. 

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« Ça a grincé des dents au début quand on a commencé cet atelier organisé par Orange, mais j’assume. » Veste cintrée, chemise à carreaux et cravate, Philippe Taillard délégué académique au numérique assume de faire entrer une marque au sein du collège : « l’atelier pédagogique est très bien fait, les activités riches, et l’encadrement assuré par des ingénieurs. » Et, pour lui, plus tôt les élèves sont sensibilisés, plus il est facile pour eux d’apprendre et de se projeter dans les métiers de demain. Un effort qui semble porter ses fruits, au vu de la réaction des élèves. 

 

Retour à l’atelier. Après avoir assemblé les commandes, c’est l’heure du test. Les enfants passent sur des tapis de jeux, à même le sol, où le Thymio doit suivre une ligne courbe. « Quand on tape à l’ordinateur, on ne peut pas se rendre compte si ça fonctionne. Alors que là, on voit si ça marche en vrai », explique Jeanne. Et Reda, 11 ans, de conclure : « C’est facile le code ! ».  

 

Pour apprendre à coder gratuitement :

>> Avant de se lancer dans une formation longue, de nombreux sites offrent des formations en ligne gratuites de Html, Python, Php ou Ruby à la carte. Rendez-vous sur OpenClassRooms, Code Academy (attention, site en anglais) ou Coursera.

>> Vous êtes décidé, c’est une formation avec un prof en chair et os qu’il vous faut ? Direction Simplon qui recrute ses candidats sans conditions d’âge, de diplôme ou de ressource. Autre piste, l’Ecole 42, mais il vous faudra passer par plusieurs étapes de sélection draconienne.

>> Autre option, rencontrer des gens du milieu lors de Meetup spécialisés. Lors de ces conférences spécialisées, vous aurez le loisir de poser toutes les questions qui vous passent par la tête. Attention cependant, choisissez bien, certains sont spécialisés.