Vous avez apprécié la télémédecine ? Voici 4 outils qui surveillent (bien) votre santé

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Un bracelet qui appelle votre médecin, votre smartphone qui vous sauve d'une crise cardiaque, ça existe déjà. Hyper connectée et invisible, la médecine de demain, c'est aujourd'hui...

Bientôt, vous ne ferez peut-être plus « ahhhhh » chez votre médecin. C’est une application connectée qui le fera pour vous. La crise du Covid-19 a débloqué nos barrières mentales et nous sommes maintenant familiarisés avec la téléconsultation. Mais l’avenir de la médecine va bien au-delà du rendez-vous par écran interposé. L’intelligence artificielle couplée à des instruments toujours plus précis laisse présager un futur de la médecine plus préventif et moins intrusif. Du matériel médical, approuvé par les autorités de santé arrive sur le marché pour que votre médecin puisse vous ausculter, et ce, depuis votre canapé ou à l’aide de votre smartphone.

Pratique pour bénéficier d’un examen par un spécialiste, surtout dans les déserts médicaux, elle est aussi plus rapide, et devient chaque jour plus sûre. Elle pose tout de même une grande question éthique : la sécurité des données des patients. Officiellement lancé en décembre 2019, le Health Data Hub est le catalogue de nos données santé dans l’Hexagone. L’objectif final est de réussir à avoir un stock suffisant pour créer une intelligence artificielle capable de détecter et de prévenir les maladies.

Problème : l’hébergement de ces données inquiète. Le choix s’est porté sur l’Américain Microsoft. Le « Cloud Act », loi promulguée en 2018, permet aux renseignements américains d’obtenir les données stockées sur les serveurs. Et ça passe mal. Et par ailleurs, la sécurité de l’hébergement de ces données est fondamentale, sous peine d’être utilisées à des fins commerciales.

TytoCare, le médecin modulaire à la maison

santé connectée

Il se pourrait fort que TytoCare préfigure le futur de l’auscultation. Cet appareil modulaire capte et enregistre les signaux vitaux. Il peut repérer des problèmes respiratoires, une inflammation de la gorge ou une infection des amygdales, et détecter des anomalies cardiaques ou des maladies de peau. L’appareil inclut un stéthoscope, un otoscope, un thermomètre et une caméra. Les images et informations sont enregistrées, puis envoyées en ligne en temps réel au médecin qui peut décider d’un examen plus approfondi pour poser un diagnostic.

« Les informations rassemblées par l’appareil permettent aux médecins de contrôler, traiter et diagnostiquer en toute sécurité davantage de patients et de pathologies sans que les patients n’entrent dans la clinique, leur permettant de rester à la maison et d’éviter toute exposition aux germes. Cela s’est avéré particulièrement important pendant la crise de Covid-19 », explique Dr Silke Schmitt Oggier.

Pendant la crise sanitaire, TytoCare s’est associé à des organismes de 100 pays pour contribuer à combattre le virus.

One Drop, prédire sa glycémie avec 6 mois d’avance

One Drop

L’analyse de sang pour les diabétiques n’est pas nouvelle, mais avec le Chrome Blood Glucose Monitoring Kit, l’entreprise One Drop (une goutte, en anglais) va beaucoup plus loin. Elle envoie les résultats du niveau de sucre dans le sang directement à son docteur via l’application reliée à l’iPhone (et Apple Watch). Ok, mais surtout, la technologie de l’appli repose sur l’intelligence artificielle capable de prédire la glycémie ou la pression sanguine. L’application préconise ensuite des ajustements comme faire de l’exercice ou manger un encas.

Comment l’application arrive à prédire avec autant de précision des données aussi fines ? Grâce aux 11 milliards points de données de presque 3 millions d’utilisateurs dans 195 pays. Les données sont collectées manuellement via l’appli, ou bien par d’autres services comme HealthKit, GoogleFit et autres objets connectés tels que Fitbit ou Apple Watch.

Dans une récente étude, One Drop a même réussi à prédire avec 6 mois d’avance le taux de glucose dans le sang, la pression artérielle et le poids.

One Drop a récemment fait l’acquisition de Sano Intelligence, Inc. et a annoncé sa volonté de développer des patchs multisensoriels capables de récolter des centaines de nouveaux points de données par utilisateur.

Kardia Mobile, l’encéphalogramme en 30 secondes

Deux encéphalogrammes par semaine, c’est tout ce qu’il faut pour vous sauver la vie (si vous avez plus de 65 ans). C’est en tous cas l’avis du Congrès européen de cardiologie, European Society of Cardiology. Pas plus gros qu’une carte bleue, et relié à une appli, Kardia Mobile améliorer le diagnostic des troubles du rythme cardiaque.

En 30 secondes, l’appareil réalise un électrocardiogramme (ECG) en mettant ses doigts sur le mini boîtier. Il détecte aussi la bradycardie (cœur trop lent), la tachycardie et la fibrillation auriculaire. Ce type de fibrillation est très discrète. Le patient ne se rend souvent pas compte de ses symptômes. Mais détectée de manière précoce, 90% des AVC peuvent être évités.

A noter que l’Apple Watch (série 4 et 5) a une fonction ECG qui enregistre l’électrocardiogramme.

Healthy.io, la photo pour détecter des maladies

Healthy.io
Crédit : Healthy.io

Une photo pour détecter des maladies rénales chroniques. Et c’est tout. Ou presque. Il faut d’abord réaliser un test urinaire, en humidifiant une petite bandelette qui se colore. Lorsque le temps est écoulé, la caméra du smartphone est utilisée par l’application dédiée. C’est ensuite l’intelligence artificielle qui prend le relai et analyse les couleurs, qui révèlent les cétones, les leucocytes, les nitrites, le glucose et les protéines. Le tout pour détecter des maladies rénales chroniques, des infections des voies urinaires, un cancer de la vessie.

La société a signé un partenariat avec Siemens Healthineers et le lancement d’un service pour détecter les cystites directement en pharmacie, à Londres, Sheffield et Cardiff.

Healthy.io envisage aujourd’hui de développer le même type de test pour le dépistage de maladies de peau.

A retenir

 

– La santé connectée intéresse de nombreux acteurs, en France et ailleurs. Les technologies utilisées sont de plus en plus perfectionnées, peu invasives et ne demandent pas de contact entre le patient et son médecin.

  • – Les nouveaux outils développés par les entreprises reposent majoritairement sur l’intelligence artificielle. Et les données collectées font de plus en plus appel à la vie quotidienne via des applications et des objects connectés comme les montres ou les bracelets.

– Attention cependant, la médecine connectée ne remplace pas un suivi régulier chez son médecin, ni de prendre soin de sa santé.

– Et enfin, attention également à la récolte de données lorsque l’on télécharge une application de santé. On en sait encore assez peu aujourd’hui sur les implications futures…