Va-t-on tous devenir de bons élèves avec la neuro-éducation ?

#apprentissagesnumeriques Vie perso

La réponse est… à lire ici

Sommaire

Depuis quelques années, il ne vous a pas échappé que tout est neuro. Le roi Cerveau s’est installé aux commandes. Il nous fascine à mesure que l’on découvre ses mécanismes subtils. Et certains rêvent d’en faire un athlète, entraîné, puissant, efficace…, bref d’améliorer ses performances. Et notamment l’apprentissage. Alors peut-on devenir tous de bons élèves ?

Pour y voir plus clair, nous sommes allés à la rencontre de Grégoire Borst, Directeur du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Education de l’enfant.

Sa (seule) certitude : il faut connaitre son cerveau pour mieux apprendre

Non Mozart ne rend pas plus intelligent ou les ravages des neuromythes

Commençons par évacuer, avec lui, quelques neuromythes qui ont fait beaucoup de mal à la crédibilité de la neuro éducation. Non, écouter Mozart ne rend pas plus intelligent. Non, se toucher le genou avec le coude opposé ne met pas les deux hémisphères en route, Non, le cerveau n’est pas un biceps de la tête. Il ne se muscle pas, il ne grandit pas. Il a pratiquement sa taille définitive quand nous atteignons les 5 ans. Et des sillons apparus avant la naissance donnent déjà une idée de certaines dispositions à l’apprentissage. 

Les gènes pèsent dans le game de l’apprentissage

Au premier abord, les neurosciences douchent l’espoir d’un “ tout est possible ”. Et rappellent que les gènes pèsent dans le game. 

Mais quand on comprend en profondeur le fonctionnement de chaque cerveau, alors on peut aider, renforcer, surpasser les blocages et c’est « le projet de la neuro-éducation : comprendre comment chacun peut progresser et peut-être permettre de faire reculer les inégalités devant la performance scolaire qui sont immenses en France », détaille Grégoire Borst, chercheur en neurosciences à Paris Descartes. « Alors oui, la neuro éducation peut tous nous transformer en bons élèves, en nous aidant à mieux apprendre .»

Souvent, celui qui n’y arrive pas… ne sait pas même pourquoi. Et si les professeurs déploient des trésors de patience et d’ingéniosité pour aider leurs élèves à avancer, parfois, quelque chose résiste. Et laisse l’enfant seul dans sa tête, derrière son pupitre. 

Connaître son cerveau pour mieux apprendre

En regardant les zones activées lors de chaque exercice et les chemins neuronaux empruntés par les différents écoliers, les chercheurs ont cependant pu identifier un mécanisme de base qui jetait dans le fossé scolaire environ 10% des enfants.

 

Les technologies aidant, un certain nombre de professeurs et de chercheurs se sont rapprochés pour analyser ce qui se passe dans la tête d’un enfant qui regarde un ligne avec 7 amandes espacées et une ligne avec 7 amandes rapprochées. 

Photo by Ben White on Unsplash

Désapprendre pour mieux apprendre

La plupart des petits vont en compter 7 dans les deux cas, mais certains vont affirmer que la ligne la plus longue compte plus de fruits….Jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans, l’enfant considère qu’il « y a plus de jetons là où c’est plus long » (rangée la plus écartée), ce qui est une erreur d’intuition perceptive. La réussite après l’âge de 7 ans consiste à comprendre qu’il y a le « même nombre de jetons dans les deux rangées et traduit le passage du stade perceptif prélogique au stade de la pensée logico mathématique concrète », peut-on lire dans le numéro spécial Cerveau et Psycho. En clair, il ne faut pas appliquer des règles générales à toutes les situations. Il faut donc désapprendre que plus c’est gros, plus y’en a… pour comprendre qu’un kilo de plomb et de plumes font tous les deux un kilo chacun. 

Les chercheurs ont ainsi découvert qu’il fallait inhiber certains mécanismes pour continuer à apprendre. Or l’école n’a pas prévu cela. 

Depuis que chercheurs et professeurs ont repéré ce blocage, ils mènent des expériences pour renforcer les mécanismes d’inhibition. Par exemple en demandant aux élèves de cocher le mot vert (alors qu’il est écrit en bleu)… et les résultats lorsqu’on travaille des actions contre intuitives semblent intéressants selon Grégoire Borst. Avec une amélioration du processus d’apprentissage. 

La personnalisation de l’apprentissage par les écrans est une piste prometteuse

Dans ce contexte où les enfants n’ont pas les mêmes blocages, les écrans pourraient jouer un rôle. Car en situation interactive, on peut repérer où sont les difficultés et proposer des solutions plus personnalisées.

« On a tendance à diaboliser les écrans ces derniers temps car on redoute les addictions », regrette Grégoire Borst. « Mais c’est confondre le medium et le contenu. Les écrans, bien utilisés, pourraient améliorer l’apprentissage de ceux qui peinent le plus », assure le chercheur. 

Alors faut il faire entrer les écrans dans les classes ? 

Retrouvez les explications complètes de Grégoire Borst ici VIDEO

A retenir

A retenir

Entre Teletubbies et Dora l’exploratrice, l’un t’éveille, l’autre t’endort… Devine lequel !

La neuro-éducation peut améliorer les mécanismes d’apprentissage

Le cerveau a sa taille adulte à 5 ans, mais après, il passe son temps à évoluer quand il apprend

Le jeu vidéo est un puissant stimulateur, mais là aussi, tous les jeux ne se valent pas

Les écrans ne constituent pas en eux-mêmes une pédagogie

 

Pour en savoir plus sur les neuromythes, vous pouvez cliquer ICI et ICI