Une personne sur dix achète des vêtements juste pour poster une photo sur Instagram…

Publié le : 19-02-2020

#digitaldurable Planète

Instagram a dix ans. Et nous aussi, semble-t-il, avec 10% des adultes qui achètent du neuf juste pour une photo et renvoient après la panoplie au vendeur. Et on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un comportement de jeunes fashionistas... mais pas du tout ! Découvrez ici qui sont les plus accros et les suggestions pour décrocher.

Côté conscience, nous sommes (presque) tous devenus écolos. Côté narcissisme, un peu moins. Une étude réalisée au Royaume-Uni révèle une tendance : près d’un acheteur sur dix admet avoir acheté des vêtements uniquement pour publier des photos sur les réseaux sociaux ! 

Alors qu’Instagram fête ses dix ans cette année, nous réalisons combien la plateforme de photos a bouleversé nos comportements. Voyage, expos, restaurants, sont parfois (souvent) choisis pour être exposés sur Instagram, si l’on en croit les divers ouvrages parus sur le réseau dont (Petit) Guide de survie. Nous sommes dans l’ère de la dictature du « faites des photos ou bien rien n’est vraiment arrivé », et de son pendant, « des likes ou ça ne vaut rien », souligne son auteure Charlotte Hervot.

 

 

En matière de look, on se presse pour se poster avec le hashtag #lookoftheday. Pour briller, on achète des vêtements nouveaux que l’on renvoie bien souvent une fois le cliché pris, assure l’étude menée par la Barclaycard,  banque qui gère près de la moitié des transactions en ligne. 

Près d’un Britannique sur dix révèle avoir acheté des vêtements en ligne (9 %) pour les porter une fois dans le but de publier une photo sur les médias sociaux et de retourner ensuite ses achats. Ce chiffre atteint presque un sur cinq chez les 35-44 ans (17 %), soit le pourcentage le plus élevé de tous les groupes d’âge.

Autre surprise, les hommes sont plus susceptibles que les femmes de rendre leurs vêtements après les avoir portés et sont plus gênés d’être vus deux fois dans la même tenue. Les hommes sont également plus enclins à porter des vêtements sans enlever l’étiquette de prix, de sorte qu’ils ont la possibilité de les rendre. Quelque 12 % d’entre eux publient un vêtement sur les médias sociaux et le renvoient ensuite à un détaillant en ligne, contre seulement 7 % pour les femmes. 

Les nouvelles offres « essayez avant d’acheter » nourrissent en réalité la tendance du « essayez et renvoyez ». Plus de trois Britanniques sur dix (31 %) déclarent qu’ils sont plus enclins à renvoyer les articles qu’ils achètent en ligne en utilisant la politique « essayez avant d’acheter », car ils ne doivent pas payer l’article à l’avance.

 

 

Pour limiter cet énorme gâchis, des vendeurs donnent maintenant des conseils de looks à destination d’Instagram. Par exemple, réaliser ses photos en boutique, dans la cabine d’essayage prévue pour être instagrammable ! Ou encore, de mieux penser ses productions. « Si vous souhaitez que votre feed Instagram ressemble davantage à ceux des marques de mode et des personnes influentes, réfléchissez à l’aspect et à la sensation, et définissez un thème pour celle-ci. Cela peut aller de la publication d’un contenu qui présente des couleurs similaires à l’utilisation du même filtre sur chaque message », conseille la styliste Alex Longmore.

Si vous n’avez pas encore été happé par le frisson Instagram, la joie d’un like et la peine d’une photo qui fait flop, toute cette énergie semble folle. Mais pour beaucoup, ce monde d’Instagram est devenu aussi important que la vraie vie. 

« Le problème, c’est que l’on oublie que tout ceci n’est rien d’autre qu’une fiction. Il faudrait ajouter un nota bene sous les posts :  » Attention, c’est une mise en scène, ce n’est pas la réalité  » », selon Paul Vacca auteur de Vertus de la bêtise (Éd. de l’Observatoire) interrogé par Madame Figaro. Sur Instagram, c’est beaucoup plus ambigu. Et la comparaison avec l’autre se trouve à portée de clics… « L’application est dans une  » iconisation  » permanente, alors forcément ça crée du blues, on se sent tous un peu minables face aux vies exposées », reconnaît Paul Vacca.

 

 

A méditer…

Une étude réalisée par des chercheurs de Stanford et de l’Université de New York sur 2844 utilisateurs qui ont abandonné Facebook… a montré qu’ils allaient mieux. 

L’étude, intitulée The Welfare Effects of Social Media, est considérée comme l’une des plus rigoureuses pour examiner ce qui arrive aux gens lorsqu’ils se déconnectent. La déconnexion entraîne un bien-être subjectif accru, diminue l’agitation et permet de passer plus de temps avec les amis et la famille. En contrepartie, les gens ont un peu perdu de vue l’actualité.

« Nous constatons que quatre semaines sans Facebook améliorent le bien-être subjectif et réduisent considérablement la demande après l’expérience, ce qui suggère que des forces telles que l’addiction et le biais de projection peuvent amener les gens à utiliser Facebook plus qu’ils ne le feraient autrement. »

Ce qui se passe sur Facebook pourrait être vrai sur Instagram et n’importe quel réseau qui vous met à portée d’une dose de narcissisme virtuel.