Contenus choquants sur internet : comment protéger les enfants ?

#protectiondesenfants Vie perso

A l’occasion de la journée mondiale « Safer Internet Day »*, c’est le moment de faire le point sur les contenus choquants et de se mobiliser.

Agression, violence, propos choquants ou haineux… Lorsqu’on leur parle d’insécurité, les parents pensent instinctivement à la rue. Pourtant, les images choquantes sont à un « swipe » de leur enfant, 24h sur 24h. Directement depuis leur smartphone ils peuvent avoir accès à des contenus pornographiques ou autres contenus choquants. Aujourd’hui, il suffit de mentir sur son âge pour s’inscrire sur des réseaux sociaux comme Tik Tok ou Instagram, pourtant interdit au moins de 13 ans.

Selon le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (Octobre 2017), une famille possède aujourd’hui en moyenne six écrans. 73% des enfants possèdent leur écran personnel et, selon l’Arcep (Baromètre du numérique 2019) 86% des 12-17 ans sont équipés d’un smartphone. Ils y passent en moyenne deux heures par jour (Selon l’étude Junior Connect’ 2018 menée par Ipsos).

Les problématiques liées à l’accès illimité au web sont nombreuses : temps passé devant les écrans, cyber harcèlement, mais aussi les contenus choquants comme la pornographie et les atteintes à la dignité humaine. Au point que, selon l’Unaf, 81 % des parents d’enfants de 6 à 12 ans se disent préoccupés par la question des écrans. Selon une étude Médiamétrie, quelque 64% limitent leur utilisation pour leur progéniture et 37% affirment surveiller de près le portable de leur enfant, soit en contrôlant les contenus visionnés, soit en consultant les messages.

La question n’est pas de savoir comment, mais plutôt quand un enfant sera exposé à un contenu choquant.

Une exposition de plus en plus précoce aux images pornographiques

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’étude IFOP « Les adolescents et le porno : vers une “Génération YouPorn” » publiée en mars 2017, plus de 50% des 15-17 ans sont déjà tombés, sans le vouloir, sur un extrait vidéo à caractère pornographique. Ils ont en moyenne à peine plus de 14 ans lors du visionnage du premier film porno, un an de moins qu’en 2013. Par ailleurs, parmi les 52% qui ont visionné volontairement ce genre de contenu, ils avouent à 55% qu’ils « étaient trop jeunes ». Ceux qui ont volontairement visionné ces images sont 85% à s’être orientés vers des sites gratuits et l’on fait en majorité depuis leur smartphone. Interrogée par le Figaro, l’ex-actrice de film X Ovidie, et auteure du livre À un clic du pire (Anne Carrière, février 2018), dénonce les ravages de cet accès facile et illimité à des images qui dégradent l’image de la femme et se substitue à une vraie éducation sexuelle

Engagement des acteurs du numérique et de l’Etat

Les parents ne sont pas les seuls à être inquiets. Récemment, Emmanuel Macron, lors d’un discours à l’Unesco contre les violences faites aux plus jeunes, a donné six mois aux opérateurs télécom pour mettre « le contrôle parental par défaut » et protéger les jeunes des images à caractère pornographique.

Les opérateurs télécoms, moteurs de recherche, éditeurs et plateformes ont signé une charte s’engageant à fournir au moins « un outil gratuit, ou à mettre en place des solutions intégrées, destinées à protéger les mineurs contre toute exposition à des contenus pornographiques et activables par les parents ». En bref, l’équivalent d’un contrôle parental étendu à tous les grands acteurs du web.

Ailleurs dans le monde, d’autres Etats veulent, eux aussi, limiter l’accès des sites pornographiques aux mineurs. En Australie, le ministère de l’Intérieur a proposé d’utiliser la reconnaissance faciale. Le Royaume-Uni avait aussi voulu contraindre les internautes de sites porno à prouver leur identité avant de se connecter sur un site pornographique. Mais l’initiative a finalement été abandonnée à cause des risques d’enfreindre la vie privée.

Papa, Maman, c’est quoi cette bouteille de lait ?

Pour Catherine Lucas, experte RSE numérique et protection des enfants chez Orange, l’engagement des opérateurs télécoms ne date pas d’hier. Et de nombreux outils de contrôle parentaux existent déjà pour protéger les mineurs ( à retrouver ici ). Pour l’experte, « l’enjeu est de rassurer les parents sur leur rôle d’éducateur, notamment sur la parentalité numérique et de mieux accompagner les parents, les professionnels et les mineurs sur l’éducation de la sexualité »

 

Un problème épineux qui suscite de la gêne aussi. Selon l’experte RSE « il est très difficile pour les parents d’imaginer chouchou en train de consulter des images pornographiques sur son smartphone. Les gamins se posent des questions et font leurs recherches sur la sexualité depuis leur smartphone personnel. Ils cherchent des modèles éducatifs. Si les adultes ne leur apportent pas d’info, ils vont la chercher dans leur poche ». L’enjeu est donc double : utiliser à bon escient les outils déjà existants pour les mineurs, et éduquer… les parents au danger du web.

Alors, comment bien protéger son enfant ?

1. Se renseigner !

Pour commencer, des guides disponibles en ligne existent :

– le guide de La Fédération Française des Télécoms : « Internet, Comment accompagner & protéger votre enfant »

– le site « Mon enfant et les écrans »  répertorie de nombreuses problématiques allant de la gestion des paramètres de confidentialité au chantage en ligne.
– le guide de L’UNAF « Enfants et écrans : reprenez la main » avec à la clé des conseils pour limiter le temps d’écran et protéger ses enfants des contenus inadaptés.

2. Internet des Kids

Les grands du web sont nombreux à proposer des espaces réputés sans danger pour les enfants. YouTube propose un espace Kids depuis 2016 qui filtre le contenu. Mais le système est loin d’être infaillible. YouTube Kids l’avoue lui-même et affiche sur sa page d’accueil « aucun système n’est parfait, et des vidéos inappropriées peuvent se glisser à travers les mailles du filet ».
Les moteurs de recherche proposent aussi des versions « Kidz ». Google avec Safe Search Kids ou Qwant avec Qwant Junior adapté aux 6-13 ans.

3. Des contrôles parentaux

Enfin, chaque opérateur télécoms propose le contrôle parental. Restriction de l’accès à certains contenus, temps d’écran, ou encore surveillance de l’activité numérique pour garantir la sécurité du surf des bambins. Par exemple, depuis Google Family Link il est possible de surveiller l’activité digitale de son enfant, de gérer les applications, de verrouiller et de limiter le temps d’utilisation.
Des alternatives plus complètes comme Xooloo Digital Coach (disponible chez Orange) se positionnent comme un « coach digital » et agissent sur tous les écrans (smartphone, tablette, ordinateur) et quel que soit le réseau.

Mais, encore une fois, aucune solution n’est infaillible, ni ne remplace le dialogue.

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*Pour en savoir plus sur Safer Internet Day
Le « Safer Internet Day », est un rendez-vous mondial annuel qui démarre cette année le 11 février et se déploiera pendant tout le mois pour promouvoir un Internet meilleur auprès des jeunes, leurs parents et la communauté éducative.
« Le Safer Internet Day invite cette année les jeunes et les adultes à interroger ensemble leur manière de vivre avec les écrans : la place des écrans en famille, dans la fratrie, entre amis, le temps passé devant les tablettes, les téléphones ou les consoles, la maîtrise des données personnelles ».