La 4G partout dans le métro parisien ? C’est maintenant

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Le chantier du déploiement de la 4G dans le métro parisien durait depuis 7 ans pour couvrir 304 stations.

Illustration par Louis Bolla
Illustration par Louis Bolla
Illustration par Louis Bolla

C’est sans doute le bout du tunnel. Désormais, la totalité du réseau du métro et RER parisien est équipé par la 4G/4G+. Et on pourra accéder aux informations en continu et en très haut débit sur ses appareils fait savoir la RATP et les 4 opérateurs de téléphonie mobile qui se sont alliés pour connecter tout le réseau.

L’époque des… “je te rappelle, je suis dans un tunnel” semble donc s’achever. 

L’année dernière, grâce aux données de l’Autorité des télécoms (ARCEP), le site Zone 5G publiait un baromètre de la connectivité réseau selon les villes, les lignes et les stations de métro. Cette étude a permis d’éclairer les zones grises sur les lignes des différentes entreprises de transport et révélé beaucoup d’informations sur la qualité des réseaux 4G ( le temps de chargement de pages internet, d’envois de SMS et la couverture de la voix des appels dans les tunnels) et les lacunes à combler. Jusqu’ici à Paris, la ligne 3bis était celle où le réseau était le plus répandu. Noté sur un indice de 0 à 10, son score grimpait à 8.57. Pas loin derrière, la ligne 1 avec une note de 7.86 et la ligne 5 avec 7.41. Les derniers travaux sont venus compléter les 21% de couverture manquant au réseau francilien.

Paris n’est pas la seule ville à avoir vu les travaux durer. Marseille ou Lille, attendent la livraison d’une connexion complète pour leurs milliers de voyageurs journaliers. 

Rennes, Lyon, Toulouse sur le podium, Lille en chemin vers 100% de 4G dans les transports

Toulouse est la première ville française à avoir équipé ses transports avec du haut débit. Fin 2017, les voyageurs pouvaient déjà utiliser la 4G dans les rames du métro. Une réactivité qui vient appuyer la volonté de la ville de s’inscrire dans un projet de Smart City, une ville plus intelligente, plus conviviale, plus fluide et responsable. À Rennes, c’est en octobre 2018 que les voyageurs ont pu accéder à la 4G. Pour marquer cette arrivée, deux youtubeurs rennais se sont amusés à filmer les réactions des voyageurs lors d’une caméra cachée, où l’un d’eux s’installait dans le métro pour regarder une série en streaming, popcorn à la main. Preuve que la 4G était bien arrivée dans le métro à Rennes. 

À Lille, pourtant deuxième ville à avoir mis en route l’installation de la 4G sur sa première ligne, le retard s’est accumulé sur les structures de la deuxième ligne de métro à cause d’un “blocage administratif”. Tout devrait être déployé courant 2020. 

Plus le métro est ancien, plus il est difficile à équiper

Alors comment expliquer les différences de déploiement ? Les lignes de métro les plus anciennes sont les plus difficiles à connecter. Mis en service en 1900, le métro parisien n’a pas été pensé pour accueillir les kilomètres de câbles optiques. Avec ses 16 lignes de métro et ses 5 lignes de RER, le maillage du réseau francilien s’avère plus dense qu’à Rennes qui ne compte qu’une seule ligne. L’installation des 300 kilomètres de câbles bascule très vite dans la tâche de titan.

Une autre problématique s’ajoute : comment évacuer la chaleur dans ces systèmes de transmission de données ? La 4G, pour être aussi rapide, produit beaucoup d’énergie et de chaleur et provoque une augmentation des températures dans les datacenters. Afin d’éviter la surchauffe dans ces lieux clos, la mise en place d’aération et de filtrage de l’air est nécessaire. Là encore, sous terre, il faut faire preuve d’ingéniosité pour installer ces systèmes de refroidissement dans ces infrastructures réduites et confinées.

Menés pendant les périodes d’arrêts du métro, entre 1h et 5h du matin, les travaux d’installations n’ont eu qu’une petite plage horaire pour déployer le réseau rapidement. 

Des opérateurs de téléphonie rassemblés pour obtenir 100% de couverture

Sur tous les réseaux de métro français, les opérateurs Orange, SFR, Free et Bouygues Télécom se partagent les tunnels et les locaux techniques, dans un souci de gain de place et de réduction du nombre de câbles… Concrètement, plutôt que d’avoir quatre réseaux antennaires propre à chaque opérateur, un matériel unique a été installé, que les opérateurs se partagent. Les locaux sont partagés en quatre pour que chaque entreprise possède une partie avec ses propres branchements. 

Cette coopération permet aussi de réduire les coûts d’entretiens des infrastructures et la mise au point rapide de la couverture réseau. À Lille, Lyon, Paris, Toulouse, l’opérateur Orange a été désigné comme l’opérateur pilote. Lorsque les entreprises de télécom n’étaient pas en charge de la répartition des antennes relais, comme TDF à Rennes, c’est la marque qui a mené les travaux, cofinancés avec les autres opérateurs.