Les nouvelles stratégies des parents pour que le premier portable ne soit pas le début de la fin

#pratiquesnumeriques Vie perso

Petit tour des pratiques et des idées à retenir des autres parents

Photo by Isi Parente on Unsplash
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Le premier portable, c’est un peu comme le premier baiser. Un tout petit truc qui vous fait changer de vie. Pour les parents, l’espoir d’avoir toujours l’enfant sous la main, à portée de voix et la crainte, immense, qu’il se perde dans la forêt numérique. Pour l’enfant, c’est juste normal… Mais ça change tout quand même. 

Les jeunes passent environ 4heures sur leur portable chaque jour

Ok on reprend… En moyenne, en France, le premier portable arrive à l’entrée en 6ème. Le collège n’étant plus au coin de la rue, on s’inquiète des distances, des horaires, on veut qu’il ou elle reste “ joignable”. C’est donc à 11 ans et quelques mois, que la plupart des jeunes reçoivent leur premier équipement. Et ce n’est jamais neutre. Car après les glorieuses années de l’Internet perçu comme une vaste bibliothèque où tout un chacun allait pouvoir se cultiver… Nous avons déchanté. Le digital nous ressemble : on y trouve de tout. Du bon, du très bon et du danger derrière chaque bosquet. D’autant que nos enfants y passent un temps considérable. Les études et notamment celle de l’‘Association pour l’amélioration de la Vue (AsnaV) qui vient de publier son 15ème baromètre de la santé visuelle, réalisé en avril 2019 auprès de 833 personnes et 309 jeunes âgés de 16 à 24 ans dans toute la France. montrent que les jeunes utilisent, en moyenne, leur téléphone 4 heures 36 par jour avec une amplitude qui peut aller selon les cas de 3 à 7 heures et une frénésie qui peut atteindre 120 consultations par jour. 

Les parents s’organisent pour mieux encadrer leurs enfants sur le smartphone

Nous reviendrons sur le sujet du temps d’écran problématique à tous les âges, mais la situation des ados est particulière. Car « c’est une période charnière », selon Marie-Hélène Grosbras, chercheuse en neurosciences récemment interrogée par le Huffpost. « C’est le moment où se développe la substance blanche du cerveau (qui gère les connexions entre les différents neurones) », détaille la scientifique. On manque encore de recul sur les effets de ce que les Américains appellent maintenant l’hyper vie digitale, où l’on passe autant de temps en ligne, dans des mondes virtuels que les pieds sur terre. Mais des chiffres inquiétants sur la baisse des capacités cognitives et la déprime associée à cet univers de jugement permanent que sont les réseaux sociaux ont de quoi inquiéter. En France, Justine Atlan la directrice générale de l’association E-Enfance estime que les enfants n’ont pas besoin de se connecter avant 13 ans, donc pas besoin de smartphone avant la 4ème ( voir ses conseils en vidéo ici). Aux Etats-Unis, un mouvement milite pour son son interdiction avant 14 ans ( Wait until 8th). Mais il est souvent  difficile de laisser l’ado sans téléphone quand tous ses amis en ont. En France, les parents, désormais plus conscients des enjeux de cette vie connectée, peaufinent leurs stratégies. On fait le point…

1/ Le retour du portable qui ne fait QUE téléphone

Avant d’être smart, le téléphone servait à passer et recevoir des appels. « J’ai équipé mes deux enfants d’un téléphone qui ne fait que voix et messages et c’est parfait », explique Béatrice E, mère d’un fils qui entre en sixième et d’une fille en 5ème . Pour la connexion, c’est l’ordinateur familial au milieu du salon. Eric et Célia, tous deux cadres sup leur ont donné un vieux portable avec un forfait sans 4G et ni data à Benjamin, 12 ans et Capucine, 10 ans. Et ça marche incroyablement. Marie, entrepreneuse, trois fils de 15 à 19 ans,  débranche le wifi pour toute la maisonnée à 23 heures. Partout, les parents tâtonnent. Ils encadrent sans vouloir couper leurs enfants des possibilités du Net…

2/ Le portable sous contrôle

« La surveillance de la consommation internet de mes filles (13 et 14 ans) est une immense charge mentale et une tension permanente », reconnaît Stéphanie, professeur à Marseille. Alors elle a décidé  d’installer un contrôle parental. « Car c’est inhumain de devoir surveiller ses enfants soi-même. C’est un peu comme si on devait le verbaliser toute la journée. Alors j’ai préféré mettre un radar, une app de contrôle parental qui définit des règlesrenchérit Stéphane, en recherche d’emploi, père de deux ados. « On définit un temps d’écran par jour, des sites interdits. Après je ne vérifie jamais dans le détail ». Et les jeunes contournent bien souvent ces murets. « Mais c’est comme pour les radars, on fait plus attention, donc ça marche ». Beaucoup de parents et notamment les pères mettent en place ces contrôles. Il en existe de différents types et permettent de sécuriser le périmètre de navigation des enfants, mais aussi de vérifier leur temps d’écran ( Voir ici article contrôle parental de BVLD). Mais pour que cela marche il faut montrer proposer aussi d’autres activités et montrer l’exemple. “Mes parents me disent de ne pas traîner sur les réseaux sociaux et je les vois en train de mettre des like sur Facebook toute la journée” ironise Gabriel, 15 ans.

En savoir plus sur le Contrôle Parental

3/ Le contrat et l’espoir d’une nouvelle génération plus avertie

Pas mal de parents, s’en tiennent au contrat verbal avec l’enfant. Luc, chiropracteur en Seine et Marne avait évité d’équiper le fiston à l’entrée en 6ème et il en souffrait, puis il avait installé un fort contrôle parental. Et là, nouvelle crise. L’enfant se sentait “ surveillé”. Finalement, « on a beaucoup parlé, pour passer du contrôle des sites au contrôle du temps sur écran. J’ai limité à deux heures par semaine de connexion » et à 12 ans, il a compris. « Je pense que cette génération là, la Z, encadrée par des parents qui sont revenus de la folie technologique et ont envie de se reconnecter, bref, cette nouvelle génération sait les dégâts de l’hyper connexion et qu’ils sont la nouvelle sagesse »… well, well.

Si les psychologues n’ont pas encore vu ce changement des comportements se généraliser, il est probable que nos enfants seront comme nous plein de contradictions : tout à la fois avertis et happés par le vertige de la vie digitale.