Journée musée à la découverte de la culture web

Publié le : 25-11-2020

#pratiquesnumeriques Vie perso

Un musée sur le design web des années 1991 à 2006, une collection de virus, l’architecture brutaliste du web ou une courte histoire de Flash, c’est partie pour une folle journée de découverte de la culture web.

Lorenzo Herrera by Unsplash
Lorenzo Herrera by Unsplash
Lorenzo Herrera by Unsplash

Vous rappelez-vous du web d’antan ? Celui du Comic Sans MS, des titres en 3D multicolores et qui clignotent ? Celui des blogs sur les dauphins écrits par tante Janine et des fan-blogs sur Buffy contre les vampires ? Vous sentez-vous nostalgiques de cette époque où le web était un joyeux bazar de sites faits maisons, de liens obscurs et de mise en page hasardeuse ? Ça tombe bien, il existe des lieux où l’on célèbre cette histoire de créativité débordante et, forcément, c’est sur Internet que ça se passe. Suivez le guide.

 

Pixels à vendre

 

Bienvenue au Web Design Museum ! En tout, plus de 1600 pages web, finement sélectionnées par Petr Kovář, fondateur et historien de l’informatique. On trouve ainsi les sites des plus grandes marques de ces dernières décennies, Apple, Amazon, Pepsi, Myspace et même Netflix (né, on le rappelle, en 1997 comme un service en ligne d’achat et de location de DVD livrés à domicile), des pages dédiées à la pop culture et ses stars, de Space Jam à Antonio Banderas, mais aussi des monuments de la culture web, comme la Million Dollar Homepage, une page lancée en 2005 par l’étudiant britannique Alex Tew, devenue cas d’école du marketing viral.

 

Million dollar homepage
Million Dollar Homepage

 

La page se composait d’un million de pixels vendus 1 dollar pièce, le plus petit espace disponible étant de 10×10 px. Un panneau publicitaire géant rapidement plein. Le 11 janvier 2006, les 1000 derniers pixels étaient vendus sur eBay pour une somme de 38 100 dollars, soit un peu plus de 32 000 euros.

 

Apple en 1996

 

Si vous ne voulez pas flâner, rendez-vous côté expositions, des collections thématiques comme la merveilleuse Bad and Ugly websites (mauvais et laids), la spéciale musiciens qui vous renverra tout droit à votre hystérie adolescente, les sites de foot ou encore les designs spéciaux des années 90, avec une collection de moteurs de recherche ou de bannières web.

 

Pour se rendre compte de l’évolution du design en ligne depuis la naissance du web, on pourra également se rendre du côté des timelines. De Apple à Google, à quoi ressemblaient leurs pages d’accueil à leur naissance ?

 

Apple Homepage
Apple Homepage

 

Ne passez pas à côté de la section réservée aux sites Flash – comprenez, qui clignotent et s’animent – et rendez-vous sur l’onglet « Web design History » pour une chronologie des grands évènements du web design, du premier Adobe Photoshop à la création d’Internet Archives (organisme à but non lucratif destiné à l’archivage du web) et à l’invention du SEO, soit l’écriture optimisée pour les moteurs de recherche. On remarquera tout de même l’absence de la date de création de la fenêtre pop-up, dont l’inventeur s’était publiquement excusé en 2014. « Je suis désolé, nous avions de bonnes intentions », confessait alors Ethan Zuckerman.

 

Virus et architecture brutaliste

 

Après une matinée à déambuler dans le passé d’Internet, vous en voulez plus ? Pas de problème. Pourquoi pas une visite au Malware Museum, musée virtuel mis en place par Internet Archives. Dans cette collection de virus disséminés sur les premiers ordinateurs personnels dans les années 80 et 90, on renoue avec la culture hacker originelle, lorsque les virus étaient des défis techniques autant que des attaques cybercriminelles. Dans une esthétique 8bits, découvrez les messages laissés par ces parasites, désormais désactivés et inoffensifs.

 

Malware Museum
Malware Museum

 

Vous êtes plus design et architecture ? N’en dites pas plus ! Rendez-vous sur Brutalist websites, un site curaté par Pascal Deville qui recense les pages web à tendance brutaliste, soit une esthétique qui revendique sa « rugosité et son manque d’intérêt à avoir l’air confortable ou facile, décrit-il sur son site web. Le brutalisme peut-être vu comme une réaction par la jeune génération à la légèreté, l’optimisme et la frivolité du web design d’aujourd’hui ». De la matière à réfléchir…

 

Pour finir votre journée en beauté, on se quitte au coin du feu avec deux récits sur les inventions quasi accidentelles qui ont fait d’Internet ce qu’il est aujourd’hui : l’histoire du ctrl+alt+supprime et l’histoire oubliée du mouvement des sites en Flash (en anglais). De quoi rappeler qu’Internet n’est qu’une version de ce qu’il aurait pu être…