Alerte ! Chantages sexuels et revenge porn explosent durant le confinement

Publié le : 14-04-2020

#protectiondesenfants Vie perso

Des comptes baptisés « ficha» diffusent des photos et vidéos intimes de jeunes filles, souvent mineures sur Snapchat. Si vous êtes témoin, signalez-les immédiatement. On vous dit comment.

Photo by Hanna Postova on Unsplash
Photo by Hanna Postova on Unsplash
Photo by Hanna Postova on Unsplash

Sur Snapchat, ce sont des comptes baptisés « ficha » (verlan de affiche, ou comment mettre la honte à quelqu’un) qui ont fleuri. Ils diffusent des photos dénudées ou des vidéos intimes de jeunes femmes souvent mineures. Par région, par ville, par département. Il en existe des dizaines…, qui font des ravages.

Selon l’association de protection e-Enfance les appels reçus par le numéro vert national NET ECOUTE ont fortement augmenté (+20%) depuis le confinement pour chantages sexuels à la webcam, revenge porn, comptes ficha, escroqueries, exposition à la pornographie. Et les signalements aux plateformes ont doublé, entrainant la fermeture de nombreux comptes, notamment en coopération avec Snapchat et Instagram.

Mais à peine repérés, les comptes se transposent en partie sur Telegram, une messagerie cryptée plus difficile à surveiller. Et il reste très difficile de maîtriser la divulgation de ces photos fournies par des ex…

« ça m’a détruit »

Je n’ose plus aller sur les réseaux sociaux, ni parler à mes amis. Ce qui s’est passé m’a traumatisée… » Sarah, 16 ans, vit prostrée chez elle à Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise) depuis plus d’une semaine. Il y a quelques jours, elle a découvert des photos d’elle nue, postées à son insu sur un compte Snapchat nommé « ficha 95 ». « C’est une amie qui m’a prévenu que ça circulait sur Snap. Quand je les ai vues, je me suis mise à pleurer. J’étais complètement bouleversée, je me suis dit que ma vie était foutue », a raconté à 20 minutes la jeune fille qui, par honte et par peur des réactions, n’a pas osé en parler à ses proches.

Depuis le début du confinement dû à l’épidémie de coronavirus, cette nouvelle forme de revenge porn a déferlé sur Snapchat et sur la messagerie cryptée Telegram. Le procédé est à chaque fois le même. Les auteurs de ces comptes demandent à leurs abonnés de leur transmettre des images à caractère sexuel de leurs ex-copines ou toute autre fille de leur entourage (…) Et souvent ils révèlent l’identité de la victime.

Selon Hind Ayadi, la présidente de l’association Espoir et Création, les victimes ne sont pas toutes des femmes majeures. Loin de là. D’après elle, la plupart des victimes seraient en réalité des lycéennes ou des collégiennes âgées de 14 à 17 ans. Elle a d’ailleurs confié à 20 minutes avoir reçu des dizaines d’appels désespérés depuis le début du confinement.

 

C’est ce qui est arrivé à Yasmine. Lorsque son pseudo Snap est partagé par le compte ficha, en même temps que les photos intimes, la lycéenne reçoit plus d’une soixantaine de demandes d’amis. « Bien évidemment, que des garçons ». Le profil ficha en cause va même jusqu’à lui envoyer une capture d’écran lui indiquant que ses photos été vues et screenées plus de 1 000 fois. « Je sais que tout Garges a vu ces photos et que tout le monde en a parlé dans mon quartier. » Elle décide alors de supprimer son compte Snapchat et de trouver du réconfort auprès d’une poignée de copines, mais pas de sa mère. « C’est trop la honte, je ne lui dirais pas et j’espère qu’elle ne l’apprendra jamais », peut-on lire dans Vice.

 

Marlène Schiappa, les associations et des particuliers mènent la traque contre ces comptes

 

Pour traquer ces comptes, des associations féministes se sont mobilisées et ont alerté les pouvoirs publics. La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a déjà réalisé plus de 50 signalements auprès de la plateforme Snapchat. Des particuliers, comme l’incroyable Shanley_mc, mènent aussi la traque, jour et nuit pour faire supprimer ces comptes dont certains affichent 232 000 membres…

La jeune femme détaille, dans ces tweets, son action et comment agir si vous êtes témoin ou victime de ces groupes, qui parfois font commerce de ces vidéos intimes en proposant des comptes payants.

 

Marlène Schiappa recommande donc aux parents de faire preuve de la plus grande vigilance et de ne pas hésiter à surveiller l’historique de leurs enfants afin de contrôler un minimum ce qu’ils font sur les réseaux sociaux. Car beaucoup prennent des risques, à commencer par celui d’être exposés à des contenus pornographiques

 

Les jeunes de plus en plus exposés au porno.

Vos enfants sont peut-être déjà tombés sur un extrait vidéo à caractère pornographique ? On vous explique comment bien les protéger. 👉 http://spkl.io/61814yfMt

Publiée par Orange sur Lundi 24 février 2020

 

Quant aux victimes, il leur est conseillé, comme elles le peuvent, de porter plainte ou de signaler ces actes sur la plateforme Pharos.

Le revenge porn (c’est à dire le fait d’utiliser à votre insu des photos intimes) est puni de deux ans de prison et 60 000 euros d’amende, rappelle le secrétariat d’Etat.

Que faire si vous êtes victime ou témoin d’un acte de revenge porn :

Dénoncez le compte sur la plateforme Pharos.

Portez plainte au commissariat.

Appelez le numéro gratuit de net-écoute de e-Enfance au 0800200000