Challenge du crâne brisé : comment protéger son enfant de ce défi dangereux qui sévit sur Tik Tok

#protectiondesenfants Vie perso

Faire tomber gravement un camarade en le filmant et poster l'ensemble sur Tik Tok, voilà un des derniers challenges à la mode sur l’application de chant et play-back...

Photo by John Fornander on Unsplash
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« Le challenge du briseur de crâne ». Le nom ne vous dit rien ? Il s’agit du dernier défi de l’application Tik Tok. Le but ? Faire tomber le participant du milieu lors d’un prétendu défi où trois ados sont alignés. La victime, prise en sandwich, est la seule à ignorer le « prank » ( la tromperie, en français dans le texte). Au moment de sauter prétendument ensemble, un double croche-pied va faire chuter le participant du milieu, sur le dos ou sur le ventre, avec une forte probabilité que son crâne tape au sol. Un challenge aussi bête que dangereux qui peut avoir de graves conséquences, dont des commotions ou des fractures.

Selon Yahoo Lifestyle, le challenge a débuté en Espagne (où il était appelé « rompecràneos ») avant de se répandre aux Etats-Unis, en Inde, aux Emirats Arabes Unis et dans d’autres pays d’Europe. Plusieurs mamans américaines ont déjà témoigné sur les réseaux sociaux. Comme Valerie Hodson dont le fils s’est retrouvé hospitalisé avec « des douleurs au visage, de graves coupures à la bouche et au dents. » Ou encore Teri Wimmer Smith dont le fils Parker s’est cassé deux os du poignet et a dû être hospitalisé. En Suisse, rapporte 20 Minutes, une jeune adolescente a été victime d’une commotion cérébrale.

Ce genre de défi peut se répandre comme une traînée de poudre parmi les 625 millions d’utilisateurs actifs par mois. En France, selon un sondage réalisé par l’association Génération Numérique, sur 10 500 répondants âgés de 11 à 18 ans, 32% possèdent un compte. Pour Cyril Di Palma, délégué général de l’association, il est « impossible de remonter à la source de ces défis. Ils existent et se développent grâce à la viralité. La seule différence c’est que quelque chose qui pouvait être circonscrit à une cour d’école peut aujourd’hui proliférer. » D’autant que les défis sont ancrés dans l’ADN de l’application. Depuis sa création, des challenges officiels encadrés par des hashtags sont lancés par l’appli elle-même, des influenceurs ou, dans le cas des challenges dangereux probablement des petits malins.

Devant l’ampleur du phénomène, Tik Tok a réagi, en affirmant que : « La sécurité et le bien-être de nos utilisateurs sont une priorité absolue chez Tik Tok. (…) Nous n’autorisons pas le contenu qui encourage, promeut ou glorifie des défis dangereux qui pourraient entraîner des blessures, et nous supprimons les comportements ou les activités signalées comme allant à l’encontre de nos lignes directrices. » Le réseau social a donc remplacé les vidéos de « skull breaker » par celles de « skull saver », le sauveur de crâne, accompagnées de message de prévention.

 

La vague Tik Tok

Challenges en toc

Ce n’est pas la première fois qu’un défi inquiète les parents et les autorités sur l’application. Déjà en septembre le « lip glue challenge » avait alerté les professionnels de santé. Le challenge consistait à se faire gonfler les lèvres par succion à l’aide d’un verre pour ressembler à une star de la téléréalité. Pas très malin. Citons aussi le « shell on challenge » (manger les aliments avec l’emballage), le « déodorant challenge » (s’asperger de déo le plus longtemps possible jusqu’à se brûler), ou encore le « tide pod challenge » (ingérer une capsule de lessive avec l’emballage)… Pour autant, il existe des solutions simples pour informer et protéger son enfant. Sans paniquer.

Les conseils de Cyril di Palma pour protéger son ado

« Les challenges font partie des violences et du harcèlement qui peuvent avoir lieu en milieu scolaire, selon Cyril di Palma. Il faut transposer le problème : de la même manière que vous ne laisseriez pas votre enfant se débrouiller seul dans la rue, vous ne pouvez pas le laisser seul sur les réseaux. » Voici ses conseils :

1. En parler !
Pour ne pas dramatiser le sujet, on aborde la discussion autour d’un repas : « est-ce que tu es sur les réseaux ? Est-ce que tu postes parfois ? » Et plutôt que de prendre son ado en frontal, on peut lui demander si un ami ou camarade a fait partie de ces challenges : « est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’avoir un copain à qui on a proposé de faire une roue arrière en scooter sur un muret de 10 cm ? Est-ce que c’est déjà arrivé dans ton école que quelqu’un soit poussé ou invité à “être cap”. »

2. Regarder ce qu’il s’y fait
Pour se rendre compte de ce qu’il se passe sur Tik Tok, le mieux est encore d’y être ! Allez voir les vidéos, suivez certains comptes. Regardez à quoi ressemble exactement un challenge.

3. N’espionnez pas votre enfant !
Même si chouchou est sur les réseaux, ne regardez pas ses vidéos s’il ne le souhaite pas. De la même manière que vous ne vous invitez pas à ses soirées, ne vous invitez pas à une fête qui n’est pas la vôtre.

4. Proposez-lui des alternatives pour se faire remarquer sur le réseaux social :
Shuffle dance, tour de magie ou encore playback, nombreux sont les défis à proposer du contenu sympa, sans se mettre en danger.

5. Souvenez-vous
Souvenez-vous que vous aussi avez été ado, vous aussi avez assisté à des défis pendant votre adolescence et que vous n’y avez pas forcément répondu.

6. Déculpabilisez-le
Surtout, ne faites pas peser sur votre ado la décision de signaler une vidéo, un challenge, ou de dénoncer des camarades. Dites-lui d’en parler à un adulte, que ce soit vous, son prof de maths, l’infirmière du collège ou le prof de sport.