Artistes, événements, festivals : comment la culture s’adapte au Covid-19

#restonsconnectes Vie perso

Spectacles et compétions annulées, lieux culturels fermés... Dur dur pour la culture en temps de Corona. Mais bonne nouvelle, des initiatives en ligne cartonnent et pourraient bien préfigurer l'événementiel de demain.

Photo by Noiseporn on Unsplash
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Pendant le confinement, Cyril Mitilian fait comme beaucoup de monde : il bosse de chez lui, en télétravail. Sauf que Cyril n’a pas le job de tout le monde : il est danseur à l’Opéra de Paris. Alors, tous les jours, il fait ses entrechats non pas à la barre, mais sur le bar de sa cuisine. On s’étonne un peu, mais pour celui qui a commencé la danse à 8 ans, rigueur, entretien du corps et discipline font partie de sa vie (sans s’empêcher un cookie de temps en temps, quand même, c’est confinement). Et depuis la crise, il a ajouté une corde à son arc : il est devenu danseur vidéaste.

Dans une superbe vidéo réalisée par Cédric Klapisch (que l’on connaît pour L’Auberge Espagnole, entre autres) en collaboration avec l’Opéra de Paris, on découvre le quotidien des danseurs du corps de ballet qui répètent chez eux, coincés dans de petits espaces ou parfois entourés de leur famille. Un hommage vibrant pour remercier le personnel hospitalier. Le film, entièrement fait avec des téléphones et les moyens du bord, a demandé trois semaines de travail à toute l’équipe. « Il fallait expliquer aux danseurs dont ce n’est pas le métier comment placer la caméra, pour faire un plan sur les pieds par exemple », explique Cyril.

La direction d’acteurs n’a pas du tout déplu au danseur et préfigure, peut-être, de nouveaux métiers hybrides pour les artistes, les musiciens, ou encore les sportifs, tous ceux qui travaillent de près ou de loin dans le secteur de l’événementiel.

Car il va en falloir de l’imagination… Sorties au théâtre, match ou expo : des activités qui semblent bien loin depuis la vie au temps du Corona. L’annonce du déconfinement du président Macron n’a pas été de pair avec celle de la réouverture des lieux de culture. Une longue enquête menée par Le Monde explique comment la crise sanitaire a provoqué un violent coup d’arrêt dans le monde des arts et des spectacles. D’autant que même quand les lieux rouvriront, les directeurs de lieux s’interrogent sur leur capacité à créer des conditions d’hygiène suffisantes pour accueillir le public. « Il n’est pas évident, avec un masque, de communier avec une rock star… » C’est sûr.

Des artistes plus proches de leur public

Ok, mais tout n’est pas pour autant perdu. La preuve, on a vu se multiplier les initiatives d’acteurs de la culture pour ne pas perdre le lien avec le public. En plus de la vidéo hommage, l’Opéra de Paris songe à ouvrir les cours des danseurs au public via des lives sur les réseaux sociaux. Côté scène, on a vu de nombreux humoristes mettre en ligne gratuitement leur spectacle comme Haron ou Kyan Khojandi, mais aussi de s’improviser animateur lors de lives sur les réseaux sociaux. Ines Reg, par exemple – celle qui met-des-paillettes-dans-ta-vie-Kevin – diffuse des lives quotidiens sur Instagram où elle fait participer le public.

Le live d’ailleurs devient la nouvelle émission de télé où sont organisés de nombreux concerts d’artistes depuis leur canapé (nous vous en parlions ici) ou encore des événements caritatifs comme celui du rappeur Dadju qui a invité une trentaine de chanteurs, humoristes ou sportifs pour lever des fonds pour la Fondation des Hôpitaux de Paris.

Pour les mélomanes, tous les festivals, ou presque, sont annulés. Mais les artistes se sont manifestés en ligne. Le PlayOn festival a rassemblé su YouTube Coldplay, Ed Sheeran, Bruno Mars, Twenty One Pilots, David Guetta et Slipknot pour récolter des fonds pour l’Organisation Mondiale de la Santé. Lady Gaga avait déjà réussi à virtuellement pendant 8 heures, plus de 70 artistes vivant un peu partout dans le monde à travers l’événement  « One World: Together at Home ».

 

Musées vivants et ciné à la maison

Les musées sont nombreux à ouvrir leur collection dans des musées virtuels comme Le Louvre, le Musée d’Orsay ou Pompidou. Ou, plus originale, l’initiative du Rijksmuseum d’Amsterdam et du Getty Museum de Los Angeles. Ils ont proposé un défi génial aux internautes : reproduire des tableaux avec les moyens du bord. Tableaux classiques revisités à la sauce système D avec des tancarvilles en guise de harpe, du PQ pour matérialiser des collerettes…

La petite ville de Longpont-sur-Orge est également passée au numérique et propose le festival « Ici et pas ailleurs », entièrement en ligne sur la page Facebook de la commune.

Est-ce que la vie post Corona retiendra cette hybridation entre réel et virtuel ? Tant que le déconfinement ne nous libérera pas tous de nos maisons, c’est probable.