Premier smartphone : Les nouvelles stratégies des parents

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Pour que le premier portable ne soit pas le début de la fin. Petit tour des pratiques et des idées à retenir des autres parents

Le premier portable, c’est un peu comme le premier baiser. Un tout petit truc qui vous fait changer de vie. Pour les parents, l’espoir d’avoir toujours l’enfant sous la main, à portée de voix et la crainte, immense, qu’il se perde dans la forêt numérique. Pour l’enfant, c’est juste normal… Mais ça change tout quand même.

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Les jeunes passent environ 4 heures sur leur portable chaque jour

Ok on reprend… En moyenne, en France, le premier portable arrive à l’entrée en 6ème. Le collège n’étant plus au coin de la rue, on s’inquiète des distances, des horaires, on veut qu’il ou elle reste “joignable”. C’est donc à 11 ans et quelques mois, que la plupart des jeunes reçoivent leur premier équipement. Et ce n’est jamais neutre. Car après les glorieuses années de l’Internet perçu comme une vaste bibliothèque où tout un chacun allait pouvoir se cultiver, nous avons déchanté.

Le digital nous ressemble : on y trouve de tout.

Du bon, du très bon et du danger derrière chaque bosquet. D’autant que nos enfants y passent un temps considérable. Les études et notamment celle de l’Association pour l’amélioration de la Vue (AsnaV) qui vient de publier son 15ème baromètre de la santé visuelle, réalisé en avril 2019 auprès de 833 personnes et 309 jeunes âgés de 16 à 24 ans dans toute la France, montrent que les jeunes utilisent, en moyenne, leur téléphone 4 heures 36 minutes par jour avec une amplitude qui peut aller selon les cas de 3 à 7 heures et une frénésie qui peut atteindre 120 consultations par jour.

Les parents s’organisent pour mieux encadrer leurs enfants sur le smartphone

Avant d’être smart, le téléphone servait à passer et recevoir des appels.

J’ai équipé mes deux enfants d’un téléphone qui ne fait que voix et messages et c’est parfait…

Béatrice E., mère d’un fils qui entre en sixième et d’une fille en 5ème

Pour la connexion, c’est l’ordinateur familial au milieu du salon. Eric et Célia, tous deux cadres sup leur ont donné un vieux portable avec un forfait sans 4G ni data à Benjamin, 12 ans et Capucine, 10 ans. Et ça marche incroyablement.

 

Marie, entrepreneuse, trois fils de 15 à 19 ans, débranche le wifi pour toute la maisonnée à 23 heures. Partout, les parents tâtonnent. Ils encadrent sans vouloir couper leurs enfants des possibilités du Net…

Le portable sous contrôle

La surveillance de la consommation internet de mes filles (13 et 14 ans) est une immense charge mentale et une tension permanente…

Stéphanie, professeur à Marseille

Alors elle a décidé d’installer un contrôle parental. Car c’est inhumain de devoir surveiller ses enfants soi-même. C’est un peu comme si on devait le verbaliser toute la journée. Alors j’ai préféré mettre un radar, une app de contrôle parental qui définit des règles, renchérit Stéphane, en recherche d’emploi, père de deux ados. On définit un temps d’écran par jour, des sites interdits. Après je ne vérifie jamais dans le détail. Et les jeunes contournent bien souvent ces murets. Mais c’est comme pour les radars, on fait plus attention, donc ça marche.

 

Beaucoup de parents, et notamment les pères, mettent en place ces contrôles. Il en existe de différents types qui permettent de sécuriser le périmètre de navigation des enfants, mais aussi de vérifier leur temps d’écran. Mais pour que cela marche il faut proposer aussi d’autres activités et montrer l’exemple.

 

Mes parents me disent de ne pas traîner sur les réseaux sociaux et je les vois en train de mettre des likes sur Facebook toute la journée…

Gabriel, 15 ans

Guide En savoir plus sur le contrôle parental

A emporter

Un outil indispensable

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Le contrat et l’espoir d’une nouvelle génération plus avertie

Pas mal de parents s’en tiennent au contrat verbal avec l’enfant. Luc, chiropracteur en Seine et Marne avait évité d’équiper le fiston à l’entrée en 6ème et il en souffrait, puis il avait installé un fort contrôle parental. Et là, nouvelle crise. L’enfant se sentait surveillé. Finalement, on a beaucoup parlé, pour passer du contrôle des sites au contrôle du temps sur écran. J’ai limité à deux heures par semaine de connexion et à 12 ans, il a compris.

Je pense que cette génération là, la Z, encadrée par des parents qui sont revenus de la folie technologique et ont envie de se reconnecter, bref, cette nouvelle génération sait les dégâts de l’hyper connexion et qu’ils sont la nouvelle sagesse…

conclut Luc.

 

Si les psychologues n’ont pas encore vu ce changement des comportements se généraliser, il est probable que nos enfants seront comme nous, plein de contradictions : tout à la fois, avertis et happés par le vertige de la vie digitale.