Premier Smartphone imminent

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Déconnexion Passe en mode ballon


Nous passons tous plusieurs heures par jour devant des écrans
et les jeunes battent les records… Absorbés par la diversité
des contenus, des activités possibles en ligne. Mais le sport dans son canapé, cela ne remplace pas le sport en plein air.
Alors pour inciter les jeunes à lever le nez de leurs smartphones
Orange a imaginé cette campagne… étonnante.

Temps d’écran A la rentrée, on reprend le contrôle de son cerveau

… du moins on essaie — Environ 5 min. de lecture

Si vous avez le sentiment d’avoir les neurones lessivés, la mémoire qui fuit par l’oreille et les idées pâteuses, alors c’est bien ça. Une gueule de bois numérique que l’on prédisait aux ados, mais qui nous est tous tombée dessus. Surfer sur le web des heures durant, c’est fatiguant, pour les petits comme pour les grands. Une sorte d’agitation vaine… qui laisse les neurones confus.

L’écran de trop

Nous n’aurions plus que huit secondes de concentration, moins qu’un poisson rouge selon “une étude” relayée partout comme provenant de Microsoft. En réalité, cette histoire d’attention chez le poisson est bidon, mais véridique hélas pour les humains. Ce n’est pas neuf ou huit secondes, mais la capacité à traiter en profondeur des informations qui a été largement entamée ces dernières années. Donc on se concentre moins bien. Moins longtemps. C’est bien sûr une conjonction de facteurs, dont l’accélération de la vie, la diversification des tâches, qui conduit à cette dispersion, selon les travaux sur la dispersion au travail menés par la sociologue Caroline Datchary.

Mais les changements sont impressionnants. Si l’on en croit le dernier rapport du Health Institute britannique1, les enfants et adolescents qui passent plus d’une heure, oui vous avez bien lu, juste UNE heure devant des écrans, perdent déjà en joie, curiosité et capacité d’apprentissage. A partir de deux heures, on entre dans une zone grise.

En France le sujet est même pris en main par la Mission de lutte contre les addictions, la midelca. Qui dessine la face sombre du tourbillon digital :

Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. À cela s’ajoute l’augmentation des comportements sédentaires, des troubles du sommeil et de l’interaction avec les adultes qui les entourent, que ce soit en classe ou à la maison


Un programme de remise en forme cérébrale

Heureusement avec les humains et le cerveau en particulier, rien n’est foutu. Sa plasticité permet d’affirmer que rien ne se perd, tout se transforme, comme le rappelle la chercheuse en neurosciences Fanny Nussbaum qui travaille sur les philo cognitifs, ces enfants précoces.

Bien sûr les écrans et le digital réduisent la capacité de concentration et la mémoire profonde, mais d’autres compétences se développent, que nous discernons mal car nous jugeons toujours les performances à l’aune de notre propre référentiel. En l’occurrence, nous avons appris à valoriser la mémoire, mais ce n’est pas l’alpha et l’omega du cerveau
… Fanny Nussbaum, chercheuse en neurosciences

Et surtout :

nous accusons les écrans de tous les maux. Mais la question centrale est celle de la relation. Quelle est l’implication que nous avons dans nos relations ? Tout l’apprentissage et le relationnel se font dans l’empathie, l’échange. Et si chacun est sur son écran, alors oui, cela se perd et les gens disfonctionnent à grande échelle
… continue Fanny Nussbaum

Diminuer le temps d’écran : une mesure de santé publique

C’est pourquoi (entre autres raisons) les enfants doivent être tenus à l’écart des écrans. Jusqu’à trois ans, on évite. Plus facile à dire qu’à réaliser mais en les plaçant devant un téléphone ou une tablette pour gagner sa propre tranquillité, on perd deux fois. Ils regardent des images souvent trop rapides pour eux, ce qui les rend fébriles. Et nous les délaissons. La psychanalyste Sophie Marinopoulos parle de malnutrition culturelle dans un rapport sur les enfants et les écrans remis au ministre de la culture en juin 2019. C’est l’utilisation de l’écran comme évitement de la relation qui pose problème. On voit beaucoup de parents qui collent un téléphone ou une tablette entre les mains des enfants pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne nous dérangent pas. Ils sont complètement hypnotisés. Et donc ni eux ni nous, adultes, ne sommes confrontés à la
relation
, écrit-elle dans Télérama.

Après 10 ans, la situation n’est pas si différente. L’excès d’écran produit du brouillage. Une forme d’enfermement. Il existe un lien étroit entre l’utilisation excessive de tous les écrans (télévision incluse et même de façon passive, lorsqu’elle est allumée dans la pièce) et les problèmes de santé mentale des adolescents comme l’anxiété et la dépression.


Les chercheurs et maintenant l’Organisation Mondiale de la Santé s’entendent pour dire que l’utilisation problématique d’Internet devient un problème de santé public. Cela toucherait une minorité d’enfants, probablement entre 5 et 10% du total des adolescents selon les estimations de la Midelca. Les autres traversent juste des phases… Mes parents font le parallèle avec la drogue, explique Aaron, 15 ans, lycéen à Lavoisier à Paris (voir la vidéo). C’est vrai qu’il y a un côté réconfortant. Mais, c’est aussi la possibilité de vivre plein de choses…

À retenir nos conseils pour une vie digitale plus saine

Alors pour s’assurer une vie digitale durable, nous avons listé quelques conseils à destination de tous :

Donner l’exemple et lâcher son portable à la maison

Cesser de regarder son portable 60 minutes avant de se coucher et ne jamais embarquer l’appareil dans sa chambre

Laisser son portable dans le sac le temps des repas

Faire la différence entre des activités utiles, intéressantes, du temps d’écran de qualité et juste de la divagation sur les réseaux

Faire des cures sans réseau social : cela libère beaucoup de temps et de pression

Respecter les temps d’écrans recommandés en fonction de l’âge

Guide pratique

Âge et temps d’écran : 4 chiffres à retenir

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Premier smartphone Les nouvelles stratégies des parents

Pour que le premier portable ne soit pas le début de la fin. Petit tour des pratiques et des idées à
retenir des autres parents — Environ 5 min. de lecture


Le premier portable, c’est un peu comme le premier baiser. Un tout petit truc qui vous fait changer de
vie. Pour les parents, l’espoir d’avoir toujours l’enfant sous la main, à portée de voix et la crainte,
immense, qu’il se perde dans la forêt numérique. Pour l’enfant, c’est juste normal… Mais ça change tout
quand même.

Les jeunes passent environ 4 heures sur leur portable chaque jour

Ok on reprend… En moyenne, en France, le premier portable arrive à l’entrée en 6ème. Le
collège n’étant plus au coin de la rue, on s’inquiète des distances, des horaires, on veut qu’il ou elle
reste “joignable”. C’est donc à 11 ans et quelques mois, que la plupart des jeunes reçoivent leur
premier équipement. Et ce n’est jamais neutre. Car après les glorieuses années de l’Internet perçu comme
une vaste bibliothèque où tout un chacun allait pouvoir se cultiver, nous avons déchanté.

Le digital nous ressemble : on y trouve de tout.

Du bon, du très bon et du danger derrière chaque bosquet. D’autant que nos enfants y passent un temps
considérable. Les études et notamment celle de l’Association pour l’amélioration de la Vue (AsnaV)
qui vient de publier son 15ème baromètre de la santé visuelle, réalisé en avril 2019
auprès de 833 personnes et 309 jeunes âgés de 16 à 24 ans dans toute la France, montrent que les
jeunes utilisent, en moyenne, leur téléphone 4 heures 36 minutes par jour avec une amplitude qui
peut aller selon les cas de 3 à 7 heures et une frénésie qui peut atteindre 120 consultations par
jour.

Les parents s’organisent pour mieux encadrer leurs enfants sur le smartphone

Nous reviendrons sur le sujet du temps d’écran problématique à tous les âges, mais la situation des ados
est particulière. Car c’est une période charnière, selon Marie-Hélène Grosbras, chercheuse en
neurosciences récemment interrogée par le Huffpost. C’est le moment où se développe la substance
blanche du cerveau (qui gère les connexions entre les différents neurones)
, détaille la
scientifique. On manque encore de recul sur les effets de ce que les Américains appellent maintenant
l’hyper vie digitale, où l’on passe autant de temps en ligne, dans des mondes virtuels que les pieds sur
terre. Mais des chiffres inquiétants sur la baisse des capacités cognitives et la déprime associée à cet
univers de jugement permanent que sont les réseaux sociaux ont de quoi inquiéter. En France, Justine
Atlan la directrice générale de l’association E-Enfance estime que les enfants n’ont pas besoin de se
connecter avant 13 ans, donc pas besoin de smartphone avant la 4ème (voir
ses conseils en vidéo ici
). Aux Etats-Unis, un mouvement milite pour son son interdiction avant
14 ans (Wait until 8th). Mais il est souvent
difficile de laisser l’ado sans téléphone quand tous ses amis en ont. En France, les parents, désormais
plus conscients des enjeux de cette vie connectée, peaufinent leurs stratégies. On fait le point…

Le retour du portable qui ne fait QUE téléphone

Avant d’être smart, le téléphone servait à passer et recevoir des appels.

J’ai équipé mes deux enfants d’un téléphone qui ne fait que voix et messages et c’est parfait
… explique Béatrice E. , mère d’un fils qui entre en sixième et d’une fille en 5ème

Pour la connexion, c’est l’ordinateur familial au milieu du salon. Eric et Célia, tous deux
cadres sup leur ont donné un vieux portable avec un forfait sans 4G et ni data à Benjamin, 12
ans et Capucine, 10 ans. Et ça marche incroyablement.

Marie, entrepreneuse, trois fils de 15 à 19 ans, débranche le wifi pour toute la maisonnée à 23
heures. Partout, les parents tâtonnent. Ils encadrent sans vouloir couper leurs enfants des
possibilités du Net…

Le retour du portable qui ne fait que téléphone. Ou presque.

Le portable sous contrôle

La surveillance de la consommation internet de mes filles (13 et 14 ans) est une immense
charge mentale et une tension permanente
… reconnaît Stéphanie, professeur à Marseille

Alors elle a décidé d’installer un contrôle parental. Car c’est inhumain de devoir surveiller
ses enfants soi-même. C’est un peu comme si on devait le verbaliser toute la journée. Alors j’ai
préféré mettre un radar, une app de contrôle parental qui définit des règles
, renchérit
Stéphane, en recherche d’emploi, père de deux ados. On définit un temps d’écran par jour, des
sites interdits. Après je ne vérifie jamais dans le détail
. Et les jeunes contournent
bien souvent ces murets. Mais c’est comme pour les radars, on fait plus attention, donc ça
marche
.

Beaucoup de parents, et notamment les pères, mettent en place ces contrôles. Il en existe de
différents types et permettent de sécuriser le périmètre de navigation des enfants, mais aussi
de vérifier leur temps d’écran. Mais pour que cela marche il faut montrer proposer aussi
d’autres activités et montrer l’exemple.

Mes parents me disent de ne pas traîner sur les réseaux sociaux et je les vois en train de
mettre des like sur Facebook toute la journée
… ironise Gabriel, 15 ans

Guide pratique

En savoir plus sur le contrôle parental

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Le contrat et l’espoir d’une nouvelle génération plus avertie

Pas mal de parents, s’en tiennent au contrat verbal avec l’enfant. Luc, chiropracteur en Seine et Marne
avait évité d’équiper le fiston à l’entrée en 6ème et il en souffrait, puis il avait installé un fort
contrôle parental. Et là, nouvelle crise. L’enfant se sentait surveillé. Finalement, on a
beaucoup parlé, pour passer du contrôle des sites au contrôle du temps sur écran. J’ai limité à deux
heures par semaine de connexion
et à 12 ans, il a compris.

Je pense que cette génération là, la Z, encadrée par des parents qui sont revenus de la folie
technologique et ont envie de se reconnecter, bref, cette nouvelle génération sait les dégâts de
l’hyper connexion et qu’ils sont la nouvelle sagesse
… conclut Luc.

Si les psychologues n’ont pas encore vu ce changement des comportements se généraliser, il est probable
que nos enfants seront comme nous plein de contradictions : tout à la fois avertis et happés par le
vertige de la vie digitale.

Réseaux sociaux “Ce n’était rien qu’un petit message”

Sur le digital, toute trace est appelée à devenir publique…
 Pour le meilleur, si l’on sait éviter le
pire. Suivez le guide — Environ 5 min. de lecture

Juste un petit message

Ils sont en CM2 dans un quartier bourgeois. Ils s’aiment bien, ils sont tous copains. Mais au
retour d’un anniversaire, sur le groupe whatsapp, ça déraille un peu gratuitement sur l’un
d’entre eux. On le charge, on l’insulte. Ne viens pas demain à l’école, écrit l’un.
L’autre panique. Début d’une grande peur, d’un sentiment de rejet. L’affaire s’est finalement
dénouée entre parents et enfants de bonne volonté. Mais depuis, Celia, mère de B, 12 ans et C,
10 ans, regarde les Whatsapp des enfants, de temps en temps. En leur expliquant qu’un message
hostile peut faire des ravages quand il est écrit dans un groupe.

Petit conseil
Ne viens pas à l'école demain
C mieux pour toi

Ca devient vite du harcèlement
… Célia, mère de B, 12 ans et C, 10 ans.

Pour approfondir le sujet, retrouvez tout notre dossier sur les réseaux sociaux : https://bienvivreledigital.orange.fr/espacedesparents/reseauxsociaux

Juste une petite photo

On sait déjà tout du danger des photos envoyées… Entre le revenge porn, cette publication d’images
intimes par l’ex délaissé ou tout simplement le partage entre potes de clichés qui devaient rester
privés, la vie digitale n’a pas plus de vertu que la réalité. Mais les dégâts sont plus importants.
Surtout lorsque l’on sait qu’il se partage 95 millions de photos sur instagram chaque mois selon leurs
chiffres ou encore qu’il se prendrait 1000 selfie à la seconde dans le monde. Qu’en conclure ? Que la
photo éphémère en mode story a du bon. Qu’il faut se méfier du bonheur étalé par les uns et les autres à
longueur de feed.

On se sent toujours un peu écrasé. On est dans une forme de compétition de qui a la vie la plus cool
… analyse Aaron, 15 ans, young digital reporter pour Open Digital Society.

Et c’est comme un joueur devant le tapis vert, on retente toujours sa chance, avec un nouveau post, une
nouvelle photo, en pensant sortir victorieux et remporter la mise… Dans une surenchère, qui fait perdre
de vue l’essentiel : tout objet digital est amené à voyager, à devenir public.

Et pour mieux
contrôler ce qui est public ou ce qui est privé, c’est par ici :

Pas à pas

Paramétrer ses comptes sur les réseaux sociaux

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Juste une petite vidéo

Juste une petite video…, enfin juste quelques heures de petites vidéos. Les jeunes engloutissent du
YouTube en dose pour mammouth. Bien sûr, dans cette farandole d’images, tout ne se vaut pas. Je
regarde des vidéos de mangas
, raconte Benjamin, 12 ans. J’apprends à faire de la
pâtisserie
, ajoute Elsa, ou découvre du cinéma coréen, pour Antoine, 16 ans. Et pour le reste ?
Beaucoup regardent du gaming en ligne où ce sont les autres qui jouent. De l’humour. Du buzz, des
confessions, des larmes, de l’étrange…, et parfois des scènes morbides que certains mettent en ligne.

J’y passe 5 heures par jour en vacances
… reconnaît Gabriel.

De quoi rencontrer des contenus affligeants. Qui se pointent avec la même bonhomie que les autres. Alors
pour éviter ce choc, il faut apprendre à décrocher, à éteindre, à signaler au besoin. Comprendre que la
violence fait mal, qu’elle ne laisse pas indemne, même les spectateurs.

À retenir

5 conseils aux ados pour éviter les écueils sur les réseaux sociaux

N’accepter comme ami que les personnes qu’il connait réellement.

Ne pas oublier de déconnecter sa session après chaque utilisation.

Régler ses paramètres de confidentialité de sorte à cibler la diffusion des informations qu’il publie.

Bien réfléchir avant de publier un statut, une photo ou une vidéo qui pourrait compromettre
sa réputation ou celle d’autrui, aujourd’hui ou à l’avenir.

Ne pas publier plus d’informations personnelles que nécessaires et garder à l’esprit que
toute publication laisse des traces.